samedi 26 janvier 2008

Sweeney Todd : Jamais vengeance n’aura été aussi belle


Avant de dire quoi que ce soit, il est de mon devoir de dire que ce film est un drame musical, qu’il est l’adaptation de la pièce jouée sur Broadway et que les dialogues sont pour la plupart chantés, puisque c’est ce qui semble être le détail qui dérange. En effet, lors du visionnement auquel j’ai assisté, beaucoup de gens se sont plains ou ont tout simplement quittés la salle, ennuyés des chansons qu’ils qualifiaient sûrement de lassantes et interminables.

L’avertissement donné, je vous livre mon propre jugement du lauréat des Golden Globe 2008 du meilleur musical.

La vengeance est un sujet qui a la cote, on a qu’à penser à Kill Bill, Oldboy, V For Vendetta et bien d’autres… Et comme on le dit souvent, c’est un plat qui se mange froid et Sweeney Todd ne fait pas exception à la règle.

Jaloux de la vie de Benjamin Barker, le juge Turpin emprisonne injustement ce dernier et après 15 ans à préparer sa vengeance, il s’échappe et revient en ville sous le pseudonyme « Sweeney Todd » et en fait, complètement rongé par la haine, son âme est à jamais corrompue et rongée par l’unique désir de se venger de tous ceux qui ont ruinés sa vie ou se mettront au travers de son chemin et tout deviendra encore plus macabre lorsque Mrs. Lovett, aidera ce dernier, l’ayant toujours secrètement aimé.

À quoi doit-on s’attendre ? Oui, Tim Burton (Charlie and the chocolate factory, The nightmare before christmas, Corpse bride) est égal à lui-même autant dans le traitement de l’histoire que dans l’entité complète du film, son style est reconnaissable du début à la fin (déjà à partir du générique, on peut s’attendre à un Edward Scissorhands plus maléfique et sombre) et tous les acteurs jouent leur rôle à la perfection, que ce soit de Depp, plus glacial que jamais (performance qui lui a enfin value le Golden Globe du meilleur acteur dans une comédie ou un musical) à Helena Bonham Carter, rafraîchissante, juste, amusante et coquine à souhait dans toutes les machinations de notre diabolique barbier, tout en conservant ce petit côté inquiétant et terrifiant, jusqu’à Rickman (le désormais célèbre, Rogue de la série Harry Potter) aussi sec et dur qu’on l’imagine, mais en conservant un jeu assez humain pour le croire lorsqu’il nous chante ses pensées, mais sûrement une des performances les plus remarquable demeure l’excellente prestation de Sacha Baron Cohen (le célèbre Borat) qui offre un barbier rival dont on se souviendra longtemps.

Du côté technique, on a droit au film le plus beau, le plus sublime, visuellement que Burton a su offrir jusqu’à maintenant. Le traitement de l’image, dans ses détails les plus fin est d’une beauté inexplicable. Jouant avec perfection dans les tons sombres, il sait y faire ressortir un sang d’une rougeur éclatante qui, au contraire du dégoût, nous éblouit par la beauté poétique qu’il réussit à faire dégager. Il serait également inconcevable de ne pas mentionner ces rares moments où Burton sait apporter une clarté inimaginable, une lumière mémorable sur cet univers peuplé de noirceur. Non, la cinématographie est d’une beauté à faire tomber, à faire pleurer, à jeter par terre.

Si les acteurs se veulent juste, la cinématographie exceptionnelle, la réalisation de Burton excellente et les plans de caméra intéressants, où peuvent bien se cacher les failles de ce film ? Je dirais du côté du scénario.

Comme je n’ai jamais eu la chance de voir la pièce originale, je ne peux porter de jugement sur l’adaptation en tant que tel, mais je suppose que le tout a été transposé de façon assez exacte puisque ce qui nous parvient en résulte une histoire plutôt prévisible du début à la fin, tout de même bien appréciable, avec certains personnages secondaire qui dérangent et agace de façon démentielle, du début à la fin, ou pour être exacte, à chacune de leurs apparitions. Non, du côté de l’histoire, on ne réinvente rien, mais tout est bien balancé pour ne jamais sombrer dans une horreur insupportable ou une absurdité risible pour les mauvaises raisons. Les acteurs chantent les très bonnes chansons de façon juste, sans toutefois se proclamer chanteur et en fait, malgré certaines lenteurs, on passe un temps merveilleux à baver devant un tel festin visuel, sans trop voir le temps passé.

Jouissant d’une cinématographie, qu’on ne louangera jamais assez et d’une distribution exemplaire, Burton nous livre un film hallucinant qui vaut certainement le détour, comme tous ceux faisant partie de sa filmographie. Un chef d’œuvre ? Pas tout à fait, mais jamais, jusqu’à aujourd’hui, vengeance n’aura été aussi belle.

P.s. Veuillez prendre note qu’en version français, les chansons ne sont pas doublées, mais sous-titrés, à notre plus grand bonheur.

4/5 Jschartrand

BURTON, Tim. Sweeney Todd : the demon barber of Fleet Street. 117 min, son, couleur, Etats-Unis/United Kingdom, 2007.

vendredi 25 janvier 2008

Cloverfield : Roar! Un film dont vous êtes le héros.


Sûrement avez-vous entendu parler de Cloverfield, ce film qui fait jaser depuis l’été 2007 et qui est longtemps resté sans titre. En effet, tout a débuté par une bande-annonce qui fut présentée juste avant Transformers: des acteurs méconnus, aucunes informations, une fête banale interrompue par « quelque chose » de mystérieux, aucun titre, pour seule information : une date (1-18-08) et une mention : du producteur J.J. Abrams (Lost, Alias, M:i III, le prochain Star Trek). C’est à ce moment que la curiosité du public a donné naissance à toute la campagne de Marketing auquel le film a eu droit.

En effet, profitant de l'intérêt et de l'avidité constante du public, J.J. Abrams et son équipe ont offert des réponses au compte-gouttes dans ce qui pourrait se comparer à The Lost Experience qui a eu lieu en 2006 sur le net en parallèle avec la télé série Lost et qui devait donner de nouvelles informations à tous ceux qui voudraient bien se prêter au jeu.

Sites après sites on en apprenait sur ce film qui finirait par s’appeler Cloverfield et dont le synopsis se résumerait par à peu près ceci : Ayant eu une promotion au Japon, Rob a droit à un party d’adieu, cependant, celui-ci est interrompu par l’attaque d’un monstre géant à New York, le film sera tout ce que leur caméra aura pu filmer dans leurs efforts de survie face à cet événement horrifiant.

Ainsi, vers la fin du mois de janvier 2008, toutes nos réponses étaient enfin répondues… Ou presque.

Comme je l’ai remarqué dernièrement, on aime bien mieux nous offrir des expériences/exercices de style que des films, ce qui pour moi est une excellente chose, (pensons à Grindhouse de Tarantino et Rodriguez) et Cloverfield est une autre de ces expériences inoubliables et incroyable. En effet, ce film est une immersion complète du point de vue des survivants et ce à l’aide de ce que leur caméra a bien réussi à capter, nous donnant aussitôt l’impression et du même coup la sensation d’être nous aussi un des survivants.

Bien que le réalisme ait ses limites dans un film de monstre, en offrant des acteurs méconnus du début à la fin, celui-ci est grandement conservé et nous mène à croire avec justesse à cette histoire rocambolesque qui nous donne une bonne idée de comment cette situation pourrait être vécue si elle avait lieue. Pas de psychologie compliqué, de simples réactions humaines qui réussissent avec subtilité à porter un certain jugement sur les failles de notre société.

Oui, les mouvement (presque) incessants de la caméra peuvent donner des maux de cœur à certains, mais c’était là tout l’idée de l’expérience qui est à mon avis complète. Oui, le manque de réponses peuvent en choquer d’autres puisque nous ne savons et voyons que ce que nos protagonistes principaux vivent. Sauf que ces réponses sont facilement trouvable en visitant les nombreux sites/forums liés ou non à toute cette grande expérience qui après tout ne servait pas qu’à faire du marketing.

Du côté de la musique, pour ajouter encore et toujours au « réalisme » il n’y en a pas durant le film (franchement, on ne réalise même pas tant on est captivé par tout le reste), sauf durant le party qui offre des choix musicaux, pour la plupart, inusités. Sauf que pour les intéressé, durant le générique, Michael Giacchino (fidèle collaborateur de J.J. Abrams) nous offre son dernier chef d’œuvre : Roar! (Cloverfield Overture), un pièce musicale complètement hallucinante.

Donc ? Cloverfield vaut-il la peine ? Si on se prête corps et âme dans cette expérience merveilleuse, oui! Ce film offre une intensité, un réalisme et un concept absolument merveilleux et tout comme dans Lost, il y a un soucis du détail complètement incroyable qui ne cesse de révéler d’autres secrets.

En conclusion, je vous conseille grandement d’aller voir cette première grande expérience de 2008 qui sait délivrer toute la marchandise qu’on attend et qui s’avère encore plus intéressant lors de la 2e écoute, alors que toute la surprise est passée et qu’il nous reste plus qu’à savourer cette œuvre qui a tout d’un excellent divertissant et non d’un film à grands prix. N’oublions pas que les bonnes critiques pleuvent de partout, des 5/5, des 4/5 et des 4½/5 et que cette expérience n’est qu’encore mieux complété sur grands écrans et avec les hauts-parleurs qui savent accorder avec perfection tout l’effort derrière la justesse du bruitage. Je vous laisse donc sur une phrase que j’ai lu dans une critique que je trouve excellente : And, ultimately, that's the reason why Cloverfield works - because this film takes you into the heart of the maelstrom and leaves you there.

4/5 Jschartrand

REEVES, Matt. Cloverfield. 85 min, son, couleur, Etats-Unis, 2008.

Petite Présentation

Bonjour et bienvenue sur mon blog de critiques où je m’identifierai sous le nom d’utilisateur Jschartrand.

Je suis un adolescent terminant ses études secondaires qui vous présente ici ses critiques personnelles face à divers œuvres que je crois bon de conseiller ou de proscrire.

Bien sûr, ma crédibilité en tant que critique en a encore beaucoup à prouver, mais conservant le 7e art dans une de mes plus grandes passions, je critiquerai de manière méthodique, ou du moins en essayant de l’être, et en me basant sur divers sites qui savent, semaines après semaines nous livres leurs propres réflexions et selon mes propres connaissances personnelles face à cet art qui sait, instant après instant, m’impressionner et me satisfaire.

Bien que ce blog soit surtout destiné à des gens proches, amis et/ou famille, je suis tout à fait ouvert à l’idée qu’en exposant ces critiques sur le net, il y a des possibilités que d’autres personnes puissent venir les lire et si, par la suite, mes choix pouvaient les guider, alors cela me ferait un grand, un énorme plaisir.

C’est donc sans plus tarder que je vous laisse découvrir le 7e art de mon propre regard et de mon propre avis.

Jschartrand