
Avant de dire quoi que ce soit, il est de mon devoir de dire que ce film est un drame musical, qu’il est l’adaptation de la pièce jouée sur Broadway et que les dialogues sont pour la plupart chantés, puisque c’est ce qui semble être le détail qui dérange. En effet, lors du visionnement auquel j’ai assisté, beaucoup de gens se sont plains ou ont tout simplement quittés la salle, ennuyés des chansons qu’ils qualifiaient sûrement de lassantes et interminables.
L’avertissement donné, je vous livre mon propre jugement du lauréat des Golden Globe 2008 du meilleur musical.
La vengeance est un sujet qui a la cote, on a qu’à penser à Kill Bill, Oldboy, V For Vendetta et bien d’autres… Et comme on le dit souvent, c’est un plat qui se mange froid et Sweeney Todd ne fait pas exception à la règle.
Jaloux de la vie de Benjamin Barker, le juge Turpin emprisonne injustement ce dernier et après 15 ans à préparer sa vengeance, il s’échappe et revient en ville sous le pseudonyme « Sweeney Todd » et en fait, complètement rongé par la haine, son âme est à jamais corrompue et rongée par l’unique désir de se venger de tous ceux qui ont ruinés sa vie ou se mettront au travers de son chemin et tout deviendra encore plus macabre lorsque Mrs. Lovett, aidera ce dernier, l’ayant toujours secrètement aimé.
À quoi doit-on s’attendre ? Oui, Tim Burton (Charlie and the chocolate factory, The nightmare before christmas, Corpse bride) est égal à lui-même autant dans le traitement de l’histoire que dans l’entité complète du film, son style est reconnaissable du début à la fin (déjà à partir du générique, on peut s’attendre à un Edward Scissorhands plus maléfique et sombre) et tous les acteurs jouent leur rôle à la perfection, que ce soit de Depp, plus glacial que jamais (performance qui lui a enfin value le Golden Globe du meilleur acteur dans une comédie ou un musical) à Helena Bonham Carter, rafraîchissante, juste, amusante et coquine à souhait dans toutes les machinations de notre diabolique barbier, tout en conservant ce petit côté inquiétant et terrifiant, jusqu’à Rickman (le désormais célèbre, Rogue de la série Harry Potter) aussi sec et dur qu’on l’imagine, mais en conservant un jeu assez humain pour le croire lorsqu’il nous chante ses pensées, mais sûrement une des performances les plus remarquable demeure l’excellente prestation de Sacha Baron Cohen (le célèbre Borat) qui offre un barbier rival dont on se souviendra longtemps.
Du côté technique, on a droit au film le plus beau, le plus sublime, visuellement que Burton a su offrir jusqu’à maintenant. Le traitement de l’image, dans ses détails les plus fin est d’une beauté inexplicable. Jouant avec perfection dans les tons sombres, il sait y faire ressortir un sang d’une rougeur éclatante qui, au contraire du dégoût, nous éblouit par la beauté poétique qu’il réussit à faire dégager. Il serait également inconcevable de ne pas mentionner ces rares moments où Burton sait apporter une clarté inimaginable, une lumière mémorable sur cet univers peuplé de noirceur. Non, la cinématographie est d’une beauté à faire tomber, à faire pleurer, à jeter par terre.
Si les acteurs se veulent juste, la cinématographie exceptionnelle, la réalisation de Burton excellente et les plans de caméra intéressants, où peuvent bien se cacher les failles de ce film ? Je dirais du côté du scénario.
Comme je n’ai jamais eu la chance de voir la pièce originale, je ne peux porter de jugement sur l’adaptation en tant que tel, mais je suppose que le tout a été transposé de façon assez exacte puisque ce qui nous parvient en résulte une histoire plutôt prévisible du début à la fin, tout de même bien appréciable, avec certains personnages secondaire qui dérangent et agace de façon démentielle, du début à la fin, ou pour être exacte, à chacune de leurs apparitions. Non, du côté de l’histoire, on ne réinvente rien, mais tout est bien balancé pour ne jamais sombrer dans une horreur insupportable ou une absurdité risible pour les mauvaises raisons. Les acteurs chantent les très bonnes chansons de façon juste, sans toutefois se proclamer chanteur et en fait, malgré certaines lenteurs, on passe un temps merveilleux à baver devant un tel festin visuel, sans trop voir le temps passé.
Jouissant d’une cinématographie, qu’on ne louangera jamais assez et d’une distribution exemplaire, Burton nous livre un film hallucinant qui vaut certainement le détour, comme tous ceux faisant partie de sa filmographie. Un chef d’œuvre ? Pas tout à fait, mais jamais, jusqu’à aujourd’hui, vengeance n’aura été aussi belle.
P.s. Veuillez prendre note qu’en version français, les chansons ne sont pas doublées, mais sous-titrés, à notre plus grand bonheur.
L’avertissement donné, je vous livre mon propre jugement du lauréat des Golden Globe 2008 du meilleur musical.
La vengeance est un sujet qui a la cote, on a qu’à penser à Kill Bill, Oldboy, V For Vendetta et bien d’autres… Et comme on le dit souvent, c’est un plat qui se mange froid et Sweeney Todd ne fait pas exception à la règle.
Jaloux de la vie de Benjamin Barker, le juge Turpin emprisonne injustement ce dernier et après 15 ans à préparer sa vengeance, il s’échappe et revient en ville sous le pseudonyme « Sweeney Todd » et en fait, complètement rongé par la haine, son âme est à jamais corrompue et rongée par l’unique désir de se venger de tous ceux qui ont ruinés sa vie ou se mettront au travers de son chemin et tout deviendra encore plus macabre lorsque Mrs. Lovett, aidera ce dernier, l’ayant toujours secrètement aimé.
À quoi doit-on s’attendre ? Oui, Tim Burton (Charlie and the chocolate factory, The nightmare before christmas, Corpse bride) est égal à lui-même autant dans le traitement de l’histoire que dans l’entité complète du film, son style est reconnaissable du début à la fin (déjà à partir du générique, on peut s’attendre à un Edward Scissorhands plus maléfique et sombre) et tous les acteurs jouent leur rôle à la perfection, que ce soit de Depp, plus glacial que jamais (performance qui lui a enfin value le Golden Globe du meilleur acteur dans une comédie ou un musical) à Helena Bonham Carter, rafraîchissante, juste, amusante et coquine à souhait dans toutes les machinations de notre diabolique barbier, tout en conservant ce petit côté inquiétant et terrifiant, jusqu’à Rickman (le désormais célèbre, Rogue de la série Harry Potter) aussi sec et dur qu’on l’imagine, mais en conservant un jeu assez humain pour le croire lorsqu’il nous chante ses pensées, mais sûrement une des performances les plus remarquable demeure l’excellente prestation de Sacha Baron Cohen (le célèbre Borat) qui offre un barbier rival dont on se souviendra longtemps.
Du côté technique, on a droit au film le plus beau, le plus sublime, visuellement que Burton a su offrir jusqu’à maintenant. Le traitement de l’image, dans ses détails les plus fin est d’une beauté inexplicable. Jouant avec perfection dans les tons sombres, il sait y faire ressortir un sang d’une rougeur éclatante qui, au contraire du dégoût, nous éblouit par la beauté poétique qu’il réussit à faire dégager. Il serait également inconcevable de ne pas mentionner ces rares moments où Burton sait apporter une clarté inimaginable, une lumière mémorable sur cet univers peuplé de noirceur. Non, la cinématographie est d’une beauté à faire tomber, à faire pleurer, à jeter par terre.
Si les acteurs se veulent juste, la cinématographie exceptionnelle, la réalisation de Burton excellente et les plans de caméra intéressants, où peuvent bien se cacher les failles de ce film ? Je dirais du côté du scénario.
Comme je n’ai jamais eu la chance de voir la pièce originale, je ne peux porter de jugement sur l’adaptation en tant que tel, mais je suppose que le tout a été transposé de façon assez exacte puisque ce qui nous parvient en résulte une histoire plutôt prévisible du début à la fin, tout de même bien appréciable, avec certains personnages secondaire qui dérangent et agace de façon démentielle, du début à la fin, ou pour être exacte, à chacune de leurs apparitions. Non, du côté de l’histoire, on ne réinvente rien, mais tout est bien balancé pour ne jamais sombrer dans une horreur insupportable ou une absurdité risible pour les mauvaises raisons. Les acteurs chantent les très bonnes chansons de façon juste, sans toutefois se proclamer chanteur et en fait, malgré certaines lenteurs, on passe un temps merveilleux à baver devant un tel festin visuel, sans trop voir le temps passé.
Jouissant d’une cinématographie, qu’on ne louangera jamais assez et d’une distribution exemplaire, Burton nous livre un film hallucinant qui vaut certainement le détour, comme tous ceux faisant partie de sa filmographie. Un chef d’œuvre ? Pas tout à fait, mais jamais, jusqu’à aujourd’hui, vengeance n’aura été aussi belle.
P.s. Veuillez prendre note qu’en version français, les chansons ne sont pas doublées, mais sous-titrés, à notre plus grand bonheur.
4/5 Jschartrand
BURTON, Tim. Sweeney Todd : the demon barber of Fleet Street. 117 min, son, couleur, Etats-Unis/United Kingdom, 2007.

