dimanche 22 mars 2009

Son of Rambow: originalité quand tu nous tiens


Les films familiaux sont souvent sans réelle saveur. Mignons, tendres et sans défense, on n'ose pas et on se contente de formules toute faites d'avance en tentant d'y insérer tant bien que mal une once si minime d'originalité pour épater la galerie. Et bien avec plus que grand bonheur Son of Rambow s'avère être une délicieuse et parfaitement bien sucrée surprise!

Bien sûr rien n'est parfait il faut se le dire tout de suite. Toutefois, ne gâchons pas notre plaisir ni la jouïssance ressentie durant l'écoute de ce film. Puisqu'en y repensant bien c'est sûrement le film familial le plus original que j'ai vu depuis très longtemps.

L'histoire? Dans une période indéterminée évoquant les 80's deux jeunes de la même école provenant de styles de vie plutôt différents, mettront leur passion en commun pour réaliser sans prétention un film maison.

Oui-oui, ça sonne bien un peu comme le Be kind rewind de Michel Gondry, mais entre les mains d'enfants. D'ailleurs, quand on y repense, avec leurs décors cartons, leur innocence, la naïveté du récit ponctué d'une belle dramatique, les situations loufoques, les éléments étranges, voir weird (cet échange étudiant sorti de nulpart par exemple) qui ne s'expliquent même pas qui se font regarder pour notre plus grand bonheur, peuvent bien évoquer le style de Gondry.

Mais bon, pourquoi ce film est-il si particulier? Sûrement par son authenticité. Non seulement par le jeu de ses acteurs très jeunes dirigés avec passion, sûrement aussi par ce récit qui se trame derrière une certaine autobiographie d'après ce qu'on peut lire un peu partout et par bien d'autres détails tout plus adorables les uns des autres, émanant de cette belle folie créatrice.

Sa réalisation mélange les effets, mêle dessin d'enfant à réalité, imaginaire, fantaisie, rires et cruauté. Sa trame sonore se savoure également tel une bonne compilation de vieilles chansons (comment ne pas sourire et danser de bonheur sur Close to me de The cure?)

Prévisible? Peut-être, mais pour un divertissement qui pousse les émotions, évoque souvenirs et passions, Son of Rambow est plus qu'un choix tout désigné. Ne boudons pas ce plaisir qui ne se gène pas de révéler à la toute fin de son générique que depuis tout ce temps, il y avait une faute au titre puisque comme tout le monde le sait, Rambo ça ne prend pas de "w" ! S'avouer son innocence avec tant de dignité? Impossible de résister.

Grandement conseillé à tous ces coeurs d'enfants appartenant autant à petits qu'à grands.

4/5 Jschartrand

JENNINGS, Garth. Son of Rambow. 96 min., son, couleurs, Royaume-Unis, France, Allemagne, 2007.

jeudi 12 mars 2009

Next: deux minutes de trop


Philip K. Dick a tout de même permis de bons coups. On repense à Blade runner, à Minority report et même Paycheck passait la barrière. Cependant, Next est d'un tout autre ordre. Alors que le film se termine, sa fin ne laisse certainement pas sans réactions, mais vraiment pas pour les raisons escomptées.

Comment un film peut être autant ridicule et mauvais? La question se pose à l'endroit, à l'envers, à gauche, à droite .. Peu importe la façon, aucunes raisons ne va en ressortir. On ne peut comprendre, mais on ne peut aller plus loin, Next est horriblement mauvais.

D'ailleurs, Nicolas Cage semble être un peu perdu dans sa carrière et aurait définitivement besoin de se reprendre en main. Après s'être offert avec brio dans Adaptation, le surprenant Matchstick men, un divertissant National treasure (dans le même genre que Da vinci Code et plus réussi surtout) et un particulier Lord of war, sa carrière est en chute libre et son apparence physique aussi. D'abord il y a eu le pénible World trade center et sa fameuse moustache, puis Ghost rider avec cette satané perruque et là Next, puis une terrible suite de National treasure et disons que Knowing a vraiment pas l'air de voler très haut (serait-ce le nombre 23 de 2009?)

C'est d'ailleurs le premier point qui frappe avec ce film. Quel gâchis d'acteurs! Bon Cage ça peut passer, ça balance très bien dans sa phase: je fais plein de films qui ne passeront pas à l'histoire (ou si oui pour des mauvaises raisons), mais alors de gâcher le talent de Julianne Moore, de ne pas embellir la carrière de Jessica Biel et de confiner dans un rôle plus que mineur Thomas Kretschmann, disons que c'est du sacré culot.

Peut-être aussi est-ce du narcissisme et une porte de secours pour rendre le film rentable. De un, on exhibe la preuve de notre fortune (puisque le film a du budget, ce n'est pas ça le problème, disons que tout cet argent a été mal dépensé de bout en bout), payer ces acteurs n'a pas dû être gratuit, mais aussi, on veut attirer la clientèle avec des noms et des visages connus comme si le film à lui seul ne garantissait rien.

D'abord, voir deux minutes du futur, c'est sûrement la prémisse la plus ridicule, la plus stupide et la plus inintéressante de toutes les idées de pouvoirs qui puisse exister. Plus j'y repense et plus c'est idiot, où y est l'intérêt? Je cherche encore. Même là, on aurait pu avoir une histoire qui a du bon sang (elle ne pouvait simplement pas être aussi pire dans le livre). Non, ici tout est prétexte pour des situations rocambolesques à saveur burlesque non-assumé, aux revirements inattendus, mais surtout inexplicables, mais aussi de manipulation du spectateur. Comment? En jouant, tout sauf habilement, avec la forme et le comment du pourquoi et surtout le: cela s'est-il réellement passé? Du déjà vu on s'entend, mais à cette sauce, on en demandait pas tant. Et d'ailleurs en plus d'agacer, cette forme obtiendra son point culminant avec la finale la plus fesse-dedans (pour les mauvaises raisons) et la plus stupide depuis bien longtemps.

Pour continuer à vous décourager si cela n'est pas fait, il y a quelque chose de vraiment laid dans ce film. Les costumes? Je ne sais pas ce qui s'est produit, mais ces restants de friperie n'ont rien d'aguichant. En fait tout le côté artistique du film laisse à désirer. Les plans n'ont aucunes beautés, les couleurs ne se marient pas entre elles, les lieux sont horribles, c'est laid très laid. En plus, si au moins les effets spéciaux étaient bien exécuter, spectaculaire ou servaient du moins à asservir des situations impressionnantes et non pas du: ben voyons, c'est beaucoup trop stupide et ça a trop l'air faux! (Pour ne pas dire fake en bon français).

En somme, trouver une qualité à cette décharge est plus qu'un défi de taille, c'est pratiquement impossible. Rien n'est en sa faveur. Du début à la fin et alors qu'on se demande encore où était l'intérêt de faire un tel film, au point de repenser à Nicolas Cage et sa possibilité de voir deux minutes dans le futur, on a d'autres choix que de se dire que dans n'importe lequel des cas, que ce serait décidément deux minutes de trop.

1/5 Jschartrand

TAMAHORI, Lee. Next. 96 min., son, couleurs, États-Unis, 2007.