samedi 19 juillet 2008

3:10 to Yuma : Un train à ne pas manquer, coûte que coûte.


Il y a quelques temps, j’étais tombé en amour avec le fabuleux The three burials of Melquiades Estrada de Tommy Lee Jones et puis, on ne peut pas dire que les western des dernières sont très décevants, il en ressort même un nombre impressionnant de petit bijou, comme si un réalisateur qui en fait un, recherche absolument à donner justice au genre, à l’améliorer, à lui rendre hommage de la plus belle façon. Pourtant, 3:10 to Yuma, me disait peu de choses et je n’ai pas vu la version originale, c’est donc à reculons que je l’ai écouté, mais quelle surprise cela fut! Frasque d’un western moderne, tout en restant classique, formant un divertissement idéal et de grande qualité.

La surprise est inévitable en jettant un coup d’œil à la filmographie plutôt inusitée du réalisateur James Mangold, en fait on réalise que celui-ci tente tous les gens possibles. Que ce soit de la comédie romantique Kate And Leopold au suspense Identity ou à la superbe biographie Walk the line sur la vie de Johnny Cash, Mangold s’illustre comme étant très versatile, mais très talentueux puisque son essai dans le monde du western est une réussite sur tous les points.

L’histoire peut paraître simple, un homme sans histoire s’occupe de conduire un dangereux criminel au train de 3:10 pour Yuma pour obtenir 200$ qui lui permettront de rembourser ses dettes. Simple oui, mais cette simplicité est enrobée par une psychologie incroyable développée autour de chacun des personnages dont leur histoire est dévoilée morceaux par morceaux jusqu’à la scène finale.

Bien que le scénario soit superbement écrit, on doit beaucoup à l’ensemble des acteurs qui se veut d’une qualité étonnante que ce soit Christian Bale, idéal dans le protagoniste du bon côté froid, sans histoire, mais qui joue au héros ou encore Russell Crowe, méchant idéal, mais qui décelle une certaine part d’humanité ou le jeune Logan Lerman qui offre une prestation corsé d’un jeune garçon fonceur sans jamais tombé dans l’interprétation sur joué ou agaçante clichée, variation sur un thème, du petit garçon qui veut se battre. Le reste des acteurs réussissent aussi à camper à merveille tous les personnages qui cadrent parfaitement dans l’univers du film, mais un d'eux se démarque absolument, Ben Foster par sa performance ÉPOUSTOUFLANTE, qui, pour la première fois de sa carrière, a l’occasion de démontrer pleinement les capacités de son talent, livrant un vilain de service tout droit sortie d’un western spaghetti, offrant sa méchanceté de ses tripes, le dégageant par l’attitude, la démarche, le regard, bref il s’offre complètement pour un rôle enfin à sa mesure.

La direction dégage une forte assurance et beaucoup de classe, rien n’est laissé au hasard, le rythme est trépidant et les scènes se succèdent à la vitesse folle, entre les confrontations de personnages ou les fusillades typiques, l’action ne manque pas et les deux heures du film passent à grande vitesse, bien plus vite que ce train qui tarde à arriver et c’est tant mieux. Tout a le temps de se placer et de se laisser savourer jusqu’à sa toute fin.

La reconstitution est sublime et on est vite projeté dans cette époque où les lois et les règles manquent, par des décors et des costumes justement utilisé, mais ce qui se dégage aussi avec beaucoup de force, c’est la trame sonore, magistrale soit-elle, de Marco Baltrami qui plonge et campe l’univers de façon sensationnelle, offrant encore plus de classe et de style dans chacune des scènes et permettant de donner un nombre incalculable de moments clés, où les frissons nous parcourent et nous replongent carrément dans l’univers de Sergio Leone. D’ailleurs une des plus belles scènes, vers la fin, démontre un hommage direct à Ennio Morricone, tout en restant subtil.

Bref bénéficiant d’un rythme infernal, d’un scénario fortement écrit et inspiré, d’un casting brillant, d’une performance éclatante de Ben Foster, d’une trame musicale hallucinante, d’une cinématographie juste et de bien d’autres qualités, James Mangold offre ici un film puissant et prouve encore une fois que les westerns n’a pas dit son dernier mot.

4/5 jschartrand

MANGOLD, James. 3:10 to Yuma. 122 min., son, couleurs, Etats-Unis, 2007.

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