dimanche 30 mars 2008

V For Vendetta : Pouvoir au peuple, car souvent il oublie à quel point son impuissance le force à régresser.


Les adaptations cinématographiques sont tabous. Que ce soit de films, de séries télés, de comédie musicale, de livres, de jeux vidéos ou de bande dessinées, comme dans le cas présent, à chaque fois, on ne sait jamais vraiment, à quoi s’attendre. Pire, rarement on sait que ce qu’on est en train de regarder, provient d’une autre source que le génie du scénariste ou du réalisateur, si cet adjectif lui convient. Beaucoup d’adaptations ont tendances à décevoir, puisqu’ils ne réussissent pas à transposer de façon parfaite l’œuvre de départ, pourtant dans mes critiques antérieures, on a pu voir que No country for old men et Sweeney Todd, sont des exemples contraires, par contre, sont-ils de bonnes adaptations ? On ne peut que se fier à ce que d’autres critiques en disent, puisque pour ma part, je n’ai jamais lu ou vu les originaux.

V for vendetta est un film que j’ai été voir au cinéma il y a très longtemps, je savais à peine de quoi il s’agissait, j’en avais à peine entendu parler et c’est à peine si je savais que les créateurs de la matrice et Nathalie Portman y était impliqués. Cependant, la fascination face à cette pièce d’art, s’est vite transformé en obsession, en admiration. Oui, ce film est sans contredit près du sommet de ma liste. Je me suis vite mit à faire des rechercher sur son historique, sur sa fabrication et sur la bd originale publiée durant les années 80. Je ne l’ai pas lu en totalité, mais j’ai pu mettre la main sur un dvd édition spéciale en contenant un extrait. Pour les quelques pages feuilletés, la transition donne des frissons, on reconnaît l’ambiance, les personnages, le ton, un peu de tout en fait. Ce qui fascine encore plus, c’est qu’originalement l’histoire était planifié pour un futur des années 90 et pour le film, on a transposé le tout pour un avenir proche, après l’an 2006, année de sortie du film de James Mcteigue, protégé des frères Wachowski, créateurs de la matrice. Malgré cette transposition, on a réussi à y contenir tout le message que l’œuvre originale tentait de faire passer. Découvrons maintenant en quoi le film se veut inoubliable et du même coup, fantastique.

S’il a la force de s’élever au dessus de tout autre film d’action, c’est qu’il réussit à toucher à plusieurs catégories, non seulement il sait captiver l’attention par son rythme effréné et ses scènes d’action chorégraphiées avec style, il sait également toucher des sujets tabous portant ainsi à réfléchir et à pousser son histoire à un niveau intellectuel supérieur pour qui veut bien s’y pencher et en même temps, il sait venir nous toucher par des découvertes cinématographique qui viennent fasciner.

Le film parle de révolution et d’un peuple qui croule sous le communisme, un peuple entièrement contrôlé et rongé sous les mensonges de son dirigeant et des marionnettes à ses pieds. Un peu comme Children of Men de Alfonso Caron (un autre chef d’œuvre futuriste à la vision quelque peu déprimante du futur), le film tend à l’impossible tout en essayant de nous prouver qu’il y a encore espoir à travers un protagoniste principal qui voit sa vie sans histoire changé par la rencontre d’un personnage qui en a long à dire. Oui, Evey, jeune femme sans histoire se voit impliquée dans un acte terroriste après s’être fait sauvé la vie par un justicier masqué nommé V qui peu à peu livrera à notre protagoniste et à l’Angleterre entière ses plans de révolutions. Le tout plongé sous fond historique impliquant le criminel Guy Fawkes.

Bien sûr, il y en aurait long à dire sur ce film, tellement l’histoire, par une narration étendue de façon maîtresse, sait toucher avec brio à différent sujets et à différents niveaux d’horreurs, souvent cachés au peuple. Le tout sait se supporter par une distribution éclatante, la transformation psychologique du personnage de Evey, n’aurait pas la même valeur sans son interprète Nathalie Portman qui s’est d’ailleurs très impliqué pour son rôle, on avait beaucoup parlé du fait qu’elle avait accepté de se raser la tête pour les besoins du film. Cependant, tous les autres acteurs sont sublimes et même Hugo Weaving, dont on ne verra jamais le visage, réussit à offrir à V, une personnalité touchante qui nous permet de croire à sa quête et qui créera des relations étonnantes avec différents personnages qu’on prendra plaisir ou horreur à découvrir toute la vérité lié à leur implication dans l’histoire.

Par une cinématographie futuriste, tout de même comparable à notre vie de tous les jours, de quoi faire grincer des dents par moment et sachant jouer avec les couleurs pour séparer le passé du présent, le réalisateur arrive à situé de façon très habile toute l’histoire et même la musique finit par tenir un rôle important, après l’écoute du film, tenter d’oublier le 5 novembre et l’ouverture 1812 de Tchaikovski. On reconnaît également la touche matrice des scénariste par la façon dont quelques prises de vue ou quelques ralentis savent savamment s’incruster dans certaines scènes rajoutant force, puissance ou intensité à des moments choisis.

À coup sûr, V For Vendetta est tout sauf un film bête ou une adaptation ratée, c’est non seulement un film brillant, intelligent et surtout inoubliable. Une œuvre aussi puissante pousse ses réflexions dans le plus creux de nos esprits et lentement les images sauront nous marquer et nous pousseront à vouloir revoir encore et encore un film aussi merveilleux.

« Remember, remember the 5th of november.. »

5/5 Jschartrand

MCTEIGE, James. V For Vendetta. 132 min, son, couleur, United-Kingdom/États-Unis/Allemagne, 2005.

samedi 15 mars 2008

No Country For Old Men : Une chasse à l’homme déroutante


Le lauréat 2008 de l’oscar du Meilleur film, en est un qui m’intrigue depuis longtemps. En premier lieu, par ces critiques élogieuses qui ont sus piquer ma curiosité afin de m’amener à vouloir découvrir pourquoi ce film fut tant admiré.

Le premier détail qui a attiré mon attention quant au questionnement : « ce film m’est-il réellement adressé ?», fut lorsque j’ai appris que ce dernier n’avait aucune trame sonore et qu’il se déroulait dans un rythme plutôt lent. Dieu sait à quel point j’ai un appétit plutôt féroce concernant les bandes sonores de film et que les films à déroulement basé sur la lenteur, ne m’attire généralement pas, mais comment peut-on réellement déterminé si une œuvre est lente ou rapide ? Il me faudra le découvrir par moi-même et puis, n’ais-je pas apprécié de manière convaincante un film sans trame sonore il n’y a pas si longtemps de cela ? Oui et je parle ici de Cloverfield.

Alors, qu’ais-je pensé de No Country For Old Men ? Artistiquement, ce film est sublime. N’étant pas un fan des frères Cohen, pour ce que j’en ai vu (j’ai trouvé que de très bons éléments ce cachaient derrière Fargo, mais que celui-ci avait funestement mal vieilli) et à défaut d’être cette fois-ci à jour, j’ai la chance de voir le plus récent de leurs films avant que celui-ci ne vive le même sort que l’autre, si jamais cela arrive, ce que j’en doute puisque c’est ce qui est merveilleux avec leur dernière œuvre, on y retrouve que de bons éléments qui, du point de vue artistique, se veulent formidables.

Puisque, qu’on se le dise, ce film n’est pas fait pour tout le monde, il faut vouloir se lancer dans cette chasse à l’homme d’une violence et d’une monotonie sans valeurs et sans morale. Car dans ce film adapté du roman de Cormac McCarthy, où un homme trouve pas pur hasard le magot d’un échange de drogues qui a mal tourné et qui décide de le garder, n’est pas au bout de ses peines lorsqu’un tueur en série psychopathe se met à ses trousses.

Une tension parsemé d’une grande terreur nous envahi du début à la fin, alors qu’on s’enfonce dans la monotonie des personnages qui peuplent l’univers que les frères Cohen ont sus adoptés. Utilisant des acteurs pertinemment crédible et hallucinant (Javier Bardem, lauréat 2008 de l’oscar du meilleur acteur livre une performance qui fait froid dans le dos) et une réalisation habile jouant sur les différents plans offrant une vision propre aux spectateurs, mais souvent propre aux protagonistes, sans trop en donner plus et cet ensemble abandonné de toute trame sonore, nous rapproche de la réalité, un peu comme Cloverfield se l’est permis. Oui, il y a du sang et une certaine violence plus ou moins contrôlé, mais il n’y a pas à dire, ce western moderne se veut une œuvre fabuleuse où on ne peut absolument pas nier le talent de ces créateurs.

Un film brillant où rien ne se déroule comme prévu, où la trame narratrice surprend par son manque de convenance, où le début n’en est pas un et la fin encore moins, mais si on s’offre à ce chef d’œuvre, on est certain de passer un moment effroyablement efficace.

4/5 Jschartrand

COHEN, Ethan & Joel. No Country For Old Men. 122 min, son, couleur, Etats-Unis, 2007.