
Pleasantville est un film dont l’originalité est entièrement incontestable. Le film ne cesse de surprendre en prenant des sentiers inattendus à chaque tournant. Le film aurait pu s’en tenir à un contexte simple, mais son contenu est bien plus profond que ce que n’importe qui pourrait croire. Portrait d’une œuvre symboliquement magistrale.
Un frère et une sœur vivent une vie quelque peu désordonné où rien n’est parfait: leur mère a des problèmes personnels, David est considéré comme un nerd et n’en a que pour Pleasantville, sa série préférée dont il connaît tous les secrets, les répliques, les situations par cœur et Jennifer, commence à atteindre un statut social respectable auprès des filles et des garçons. Tout cet univers sera sens dessus-dessous lorsqu’un réparateur de télécommande plutôt particulier les enverra directement dans l’univers parfait et noir et blanc de Pleasantville. Seulement, leur venue risque de changer à jamais la vie des habitants de cette ville.
L’histoire ne se résume pas facilement, elle est complexe, établie et originalement profonde. Elle touche avec perfection un nombre assumée de thèmes tel l’adolescence, l’amour, les traditions, le changement, la ségrégation, le rejet, l’humiliation, le plaisir, le bonheur, la perfection, l’imperfection et bien plus.
Partant de ce poste qui ne rend hommage qu’à des émissions en noir et blanc, le film arrive à reprendre, dans sa première moitié, tous les tiques possibles des émissions de ce genre et sait aussi illustrer la perfection par des acteurs qui savent y mener toute la naïveté et la fausse joie imprégné par un jeu soigné.
L’apparition soudaine de la couleur au fur et à mesure que les différents personnages prendront compte d’éléments essentiels à la « vraie vie », ne sera qu’une touche magnifique laissant place à une métaphore dont le film saura maîtriser de bout en bout et de façon diablement réussie. Pas comme un certain Sin city, puisque l’utilisation de couleurs parmi le noir et blanc, n’en est pas pour le même motif, vraiment pas.
Mené par une distribution de première classe dont un Tobey Maguire, une Reese Witherspoon et un Paul Walker dans leurs débuts et des acteurs plus expérimentés, on y suivra avec plaisir leur évolution qui sera constamment changeante au fur à mesure que l’histoire avancera.
Bénéficiant d’une direction maîtrisée, d’une cinématographie intéressante et d’une direction artistique exemplaire, Pleasantville sait tirer avantage de tout ce qu’elle touche en offrant un film largement original et réfléchi qui, en plus de divertir pleinement, nous force à réfléchir au sens réel de la vie rêvée, de la perfection et de nos besoins dans la vie. En plus de subtilement faire le penchant avec le noir et blanc et la couleur.
Une grande œuvre qui, pourtant, semble avoir fait moins de bruit qu’elle aurait du et beaucoup plus réussie qu'un certain Truman show sortie la même année.
À voir absolument!
4½/5 jschartrand
ROSS, Gary. Pleasantville. 124 min., son, B&W et couleur, Etats-Unis, 1998.

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