On a jamais délaissé la jeunesse et on aime bien l'observer, tenter de la comprendre et par une approche non pas tant originale, mais exécutée de façon quasi-exemplaire, À l'ouest de Pluton se laisse savourer avec admiration.
Côté cinéma-vérité débordant sur la fiction (ou le contraire selon comment on aime bien le voir) il est difficile de faire mieux. Fictive cette histoire? On a du mal à départager le vrai du faux. Tout est si réaliste, si cru, si beau, si vrai. Campés par des inconnus et des jeunes qui se donnent tel qu'ils sont, on a l'impression d'assister à l'observation quotidienne de ces adultes à en devenir.
Rien de bien extraordinaire dans ce film. Le scénario n'est pas banal, il est ordinaire, mais c'est la profondeur réaliste qui donne tout. Après tout ce n'est que la chronique d'un 24h, un simple 24h alors qu'en réalité il y en a aurait tellement plus à raconter. Cependant tout en restant vaste, on se concentre sur certains points bien précis, évitant ainsi de se perdre ou de désintéresser trop facilement. Belle réussite de ce côté. Il est facile de se perdre dans des chemins moins intéressants ou de trop dans ce genre de films et ça ne se produit presque pas ici.
J'y ai réfléchi et je ne sais pas à quel moment il est mieux d'écouter ce film. Serait-il préférable de l'écouter étant jeune face à ce qui s'en vient? De le voir en pleine adolescence et de s'y retrouver? Vers la fin de l'adolescence pour s'y reconnaître et ensuite s'en éloigner? (Je me situe dans cette catégorie d'ailleurs) À la fin de l'adolescence pour se remémorer? Étant adultes, étant parents? Je ne sais pas vraiment. Ce qui est sûr c'est que ce qu'on en pensera changera du tout au tout.
C'est d'ailleurs ce qui est beau avec le film. On expose, on lance des pistes, mais on ne les dirige pas. Les adolescents illustrés ici ne sont pas élogés, rabaissés, humiliés, réprimandés ou quoi que ce soit. On les laisse vivre et c'est tout. Doit-on être en accord avec ce qu'ils font? De quel côté doit-on se ranger? On ne nous le dit pas. Tout vient avec notre jugement personnel et c'est tant mieux.
En quelque part cette profondeur beaucoup plus libre et moins écrite qu'un certain Tout est parfait, le rend meilleur sur plusieurs points. Le traitement quelque peu documentaire et plus vaste le rend aussi plus fascinant qu'un certain Entre les murs, bien que ce dernier malgré un relâchement va sa fin n‘en est pas moins excellent et fort efficace. (Tout ceci selon mon propre avis évidemment). Et après tout, vous y lisez l'avis d'un presque plus adolescent qui s'y est reconnu, qui y a frissonné et qui a savouré presque chaque parcelle de ce film aux détours imprévisibles.
C'est beau, touchant et c'est là. Simplement là. Et c'est ce qui fait la beauté de la chose. Comment ne pas sourire avec nostalgie avec tout ce parallèle planétaire, un peu comme si on nous confinait dans cette galaxie éloignée pourtant si près de nous, mais qu'on semble connaitre encore moins que les étoiles elles-mêmes.. Fortement recommandé.
4/5 Jschartrand
BERNADET, Henry et VERREAULT, Myriam. À l’ouest de Pluton, son, couleurs, Québec, 2008.

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