vendredi 8 janvier 2010

Les aimants: magnétisme amoureux ou le magnétisme des amants


On aime les films qui ne vieillissent pas et qui ne perdent aucunement de leur fraîcheur. Les aimants sans aucuns doutes réchauffent et attirent les coeurs dans leurs plus belles répulsions.

Allez, on se remet dans le bain. On est en 2004 et on avait droit à deux début cinématographique. De son côté Guy a Lepage s'offrait tout un délire avec son Camping sauvage et de l'autre, son collège Yves Pelletier (qui retirait un P de son nom) se lançait dans les histoires de coeur avec ses aimants, s'épaulant tous deux de la flamboyante Sylvie Moreau.

Concentrons-nous sur les amours.

Thème universel, on ne cesse de le répéter, mais c'est toujours délicat quand il faut y insuffler de la fraîcheur tellement on a l'impression que ce thème a été vu et revu, dit et redit et ainsi de suite jusqu'à ce que mort s'ensuive (ou pas).

Alors, possibilité de surprendre? Oui, et encore aujourd'hui, Les aimants demeurent une version fort réussi moderne tout en conservant un lien étroit avec le passé, de l'amour dans sa forme la plus belle.

Clin d'oeil référant directement au plus pur des marivaudages, l'histoire chevauche les quiproquos et nous poussent dans un labyrinthe de confusions qui multiplient les situations cocasses, loufoques et multipliés de rires, de sourires et d'étincelles au coeur.

Difficile de se lancer dans le résumé d'une telle histoire où un détour n'attend pas l'autre, mais on se base sur l'idée d'un couple frigide prêt au mariage qui ne se voit plus et ne communique que par les aimants du frigo, infidèles chacun de leur côté.

Bon on pourrait croire que la référence aux aimants ne s'en tient qu'à cette simple, mais tout de même brillante idée. Cependant, l'idée du magnétisme hante le film du début à la fin sans jamais tomber dans la redondance, jouant beaucoup sur ces êtres qui s'attirent, qui n'ont rien en communs, qui ont trop en communs, qui s'aiment, qui ne s'aiment plus, qui se retrouvent et ainsi de suite. On en beurre jamais épais, la réflexion est douce, prévisible par moment (n’en est-il pas autant de l’amour?), mais toujours bien pensée et avec un rythme aussi dynamique, on repose le tout sur le jeu toujours juste de l'excellente distribution interprétant avec brutalité ces diverses relations qui souvent se comprennent sans se comprendre. Douce et délicate Isabelle Blais, éternelle Sylvie Moreau, coquette Guylaine Tremblay, étonnant Emmanuel Bilodeau (et ainsi de suite).

Comment mieux éloger ce film? En parlant de l'excellente mise en scène de Yves Pelletier qui laisse découvrir un penchant magnifique pour la romance, fait persister son talent pour l'humour subtil, mais aussi une connaissance accrue pour l'art, multipliant les références à Vermeer notamment ce qui ajoute juste ce qu'il faut de coïncidence de magie et de rêverie pour un tel film où se côtoie des personnages à la dynamique différente.

Plus? Comment passer sous silence l'hallucinante trame sonore de Carl Bastien et Dumas qui hante chaque scène par sa mélancolie, son romantisme, sa beauté et sa magie.

Non, il n'y a rien à dire. Comme comédie romantique difficile de trouver mieux et c'est décidément dans les plus beaux coups que le Québec aie pu offrir.

Beau, touchant, drôle, original, romantique, rafraîchissant et j'en passe, Les aimants est un film à ne jamais oublier dans notre cinématographie. Magnifique.

5/5 Jschartrand

PELLETIER, Yves. Les aimants, 91 min., son, couleurs, Québec, 2004.

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