samedi 13 décembre 2008

Happiness: Quand le bonheur fait mouche.


Le cinéma indépendant à son meilleur, voilà ce que Happiness, film acclamé à Cannes, représente. Se détachant complètement de la comédie noire, il amène son public à rire jaune, à se désopiler comme jamais, face à des situations plus désespérantes et désespérés les unes des autres, présentées ici comme une thèse sur le bonheur et l’art de l'en faire paraître. Bien plus que brillant, voici une critique de ce grand film qui ne manque pas et n’a pas peur de déranger et de choquer.

En philosophie, on apprend qu’à la suite de Socrate, un grand nombre de philosophes ce sont penché sur le comment atteindre le bonheur et à vrai dire, on ne peut pas vraiment établir la réponse, puisque personne ne l’a. Ce film, à sa façon, fait le tour de cette question, mais ne vous attendez pas à plus de réponses que ce que les vieux philosophes auraient pu amener.

La scène d’ouverture sème le ton du film. Une scène lente, seulement deux personnages en relation, un malaise soutenu et des dialogues qui tournent en rond. Plus on avance et plus on situe lentement ce qui se passe jusqu’à ce que tout éclate et que la situation aille de pire en pire alors que toute la misère est lancée en pleine figure d’un des personnages principaux. Puis, le titre suit: Happiness. Ironique tout cela et même si tout le film ne cesse d’en tirer un portrait et ce, à travers une panoplie de personnages liés par une seule famille, allant dans des cas plutôt tordus. Il y a trois sœurs et leurs parents. On ajoute à cela les enfants et le mari d’une. Jusque là c’est simple. Mais ensuite on ajoute le personnage de Philip Seymour Hoffman qui est le voisin d’étage d’une des deux sœurs en plus d’être la patient du mari de la seule sœur à être en famillle qui s’avère être psychologue et.. Pédophile. Puis on tisse à travers eux d’autres personnages comme un russe plutôt culotté et une voisine rondelette et cinglée. Ça fait un beau portrait de la panoplie de personnages tous interprétés avec brio par une brochette d’acteurs qui ne manquent d’étonner alors qu’on se livre à leurs misères et leurs malheurs.

Il y a dans ces personnages une superficialité qui choque, étonne et enrage. Une impression de grandeur qui les monte face aux autres de peur de devoir s’écraser face à la vérité. Il y a pourtant sous les dessous des tas de problèmes, des tas de soucis bien visibles dans les moments de solitudes, dans les petits repères tranquilles et auxquelles personne ne fait jamais vraiment face, même quand cela semble inévitable.

Oui, le film illustre l’expertise qu’ont les gens de banlieue à camoufler leur malheur par l’impression de bonheur et de perfection. Il y a certes du American Beauty dans ce long-métrage, mais à un niveau beaucoup plus déjanté et osé. Où on a pas peur de choquer et de montrer les choses telles qu’elles sont, où la vérité est toujours cruelle et les fins heureuses inexistantes. Où tous ont une conception précise du bonheur qu’ils camouflent aux yeux des autres et espèrent en silence.

De façon brillante, il y a beaucoup dans ce film qui ne s’alourdit jamais, mais s’intensifie dans sa complexité psychologique. Où les silences savent autant imposer des malaises que plusieurs discussions qui laissent de glace ou de marbre tellement leur contenu sont bourrés d’invraisemblances pourtant bien réelles, au point de carrément se dire: mon dieu! Il a vraiment dit ça?

Oui, il faut être dingue pour ne pas se laisser emporter de surprise ou d’étonnement pendant ce grand film qui pousse les réflexions à un haut niveau, au point de réellement se questionner sur sa conception du bonheur et à la fin, on ne sait même plus s’il est réellement atteignable.

En conclusion, par un film qui n’a rien d’une formule hollywoodienne, qui n’a rien pour se faire sentir bien, mais qui a toutes les clés pour rehausser un petit sourire face à autant d’insanités, qui nous plonge face à face aux cruelles dessous de nos vie à caractère superficielle, qui nous confronte à la réalité existencielle, Solondz livre un énorme divertissement qui ne s’oublie pas facilement.

4½/5 jschartrand

SOLONDZ, Todd. Happiness. 134 min., son, couleur, États-Unis, 1998.

Chansons du deuxième étage: "Aimé soit celui qui s'assoit."


Un film sans scénario précis, jouant sur les lenteurs et les désespoirs du quotidien en multipliant les références religieuses peut-il réussir? Assurément. C’est d’ailleurs ce que le suisse Roy Andersson réussit à prouver en livrant un film d’une grande intensité, aussi absurde dans ces exagérations que dans ces tristes illustrations dans le magnifique Chansons du deuxième étage. En voici une critique.

Lent et misant que sur des plans séquences, la direction et les décisions du réalisateur détonnent, tout comme la magnifique composition de ces plans qui jouent sur une énorme profondeur de champ qui permet d’installer avec subtilité bien des choses en une seule scène. Complexe dans son contenu pour contrer la simplicité volontaire du visuel, misant sur la désaturation, sur le terne, le gris et le dépressif, il y a un travail méticuleux dans la mise en scène. Où chaque personnage sont aussi déprimés que déprimants, sur le bord du gouffre et se mêlant en eux-mêmes aux morts qui peuvent les hanter.

Il y a certes du Continental, un film sans fusil, dans ce film, pour sa forme et des idées qui rappellent Monty Python comme je l’ai lu sur Mediafilm, mais aussi les univers déjantés de Charlie Kaufman. Pourtant le ton trouve son unicité dans sa banalité et à quel point des tas d’événements choquant prennent une tournure misérable, voir inutile. Où le peuple est illustré comme voyeur sans agir, paresseux et ancré dans son propre univers, détaché de tous et désintéressé par tout ce qui l’entoure. Où toute la ville semble dans une envie pressante de disparaître sans trop savoir où elle va. Où tout est sur le point de s’effondrer, mais que personne semble en voie de changer quoi que ce soit.

La finesse et le raffinement ponctue les plans. Le jeu de ces non-acteurs aussi. Sans oublier la musique, toujours subtiles, jamais envahissante, se mêlant carrément à la banalité du long-métrage. D’ailleurs, la scène du métro où l’ennui gagne peu à peu les passagers au point de les unir dans un long opéra de bâillement est une des grandes scènes du film si on oubliait pendant un instant qu’elles sont presque toutes autant hallucinantes.

Brillant, misant sur les répétitions, sur les dialogues qui sonnent vide et les gestes qui sont tout autant sans aide et intérêt, le film est d’une grande puissance évocatrice, où peu de réponses sont offertes, mais plutôt bien des questions. De façon globale, on se questionne sur nos craintes, nos peurs, nos malaises, et nos interminables pourquoi. Des questions qui se multiplient au point de former en général un existentiel questionnement: mais pourquoi tout ça? Pourquoi vit-on? D’où peut-être toutes ces références à la religion catholique qui ne cesse de surgir un peu partout à travers le film sans jamais vraiment livrer de raisons d’être.

Superbe et non conventionnel, ce film a tout pour rebuter un large pourcentage du public en général, mais à ceux qui oseront sauter dans cette expérience, de se surprendre à rire où il ne faut pas et à se poser des tas de questions par la suite, auront droit à un divertissement de grande qualité.

4/5 Jschartrand

ANDERSSON, Roy. Sånger från andra våningen. 98 min., son, couleur, Suisse, Norvège et Danemark, 2000.

jeudi 14 août 2008

Once: un hymne à la vie et à la musique.


Si Be kind rewind, le dernier bijou du réalisateur Michel Gondry était un hommage au cinéma et à l’amour de la réalisation de films de tout genre, Once est de son côté un hommage direct à la musique à sa forme la plus simple, loin de toute l’emphase commerciale qu’elle a su atteindre. Voici la critique d’un petit film indépendant tourné en moins de deux semaines qui par une simplicité alarmante et un charme irrésistible, réussit à nous toucher droit au cœur.

Comme tout film indépendant qui se respecte, Once a fait peu de bruit, même s’il a gagné l’oscar de la meilleur chanson en 2007 et qu’il représente un des films les plus acclamés de cette même année. Pourtant, comme bien des films indépendants qui font peu jaser, celui-ci est un petit bijou qu’il ne faut surtout pas écarter.

Filmé à Dublin en 17 jours, tourné comme un documentaire et ayant comme histoire de base la rencontre de deux amoureux de musique qui tentent de se remettre chacun de leurs côté d’amours déchus, le film ne pourrait être plus réaliste. Sans oublier que c’est lors du tournage que les deux acteurs principaux ont commencé à sortir ensemble, une chimie qui ne pourrait mieux briller à l’écran et dans leurs chansons.

Peu d’action et pas une réalisation qui est là pour impressionner, tout est dans les chansons qui arrivent à alimenter le rythme et à apporter des petits clés ici et là sur l’histoire alors qu’on suit, leur histoire à cœur ouvert.

Un film simple porté par une poésie musicale planante qui dès leur première chanson ensemble, donne envie de se procurer la trame sonore hantée par des voix maladroites et une touche indie entièrement craquante.

Mettant l’emphase sur les relations humaines, les risques, la passion et tout simplement la vie, le film atteint définitivement son but en nous séduisant jusqu’à la dernière note du générique.

4/5 jschartrand

CARNEY, John. Once. 85 min., son, couleurs, Irlande, 2007.

dimanche 27 juillet 2008

The Dark Knight : Comment créer un film parfait.


Avec tout le bruit que ce film a causé, il m’était impossible de ne pas en faire une critique, sans oublier qu’effectivement le film est une œuvre magistrale frôlant de tous ses fronts, la perfection. Pourtant, il est loin d’être un chef-d’œuvre et beaucoup accordent un peu trop d’importance et de statut à un tel film puisque là où réside un de ses plus grands défauts, considéré également comme étant sa plus grande qualité, le film n’est après tout, qu’un film de Batman.

Ayant réécouter Batman Begins le jour avant de voir sa suite, The Dark Knight, j’ai pu facilement y voir toutes les améliorations qui y ont été faites. À vrai dire, je me souvenais du premier volet comme d’un excellent film, mais à ma réécoute, j’ai plutôt été déçu, oui, les 2h20 du premier ont passé à la vitesse de l’éclair et ont offerts un divertissement de haute qualité, mais, comme je l’ai lu dans d’autres critiques, le tout était beaucoup trop brouillon et pas assez assumé. La réalisation était malhabile et le film prenait son temps à se placer (bien sûr ils devaient situer correctement les « nouvelles » origines du super-héros, tel que revu par Christopher Nolan) et l’histoire n’était pas nécessairement des plus palpitantes, elle frôlait et touchait les clichés et les scènes d’actions, bien qu’excitante ne se valaient pas tant que ça, on y voyait peu de choses, elles étaient très actives, sans nécessairement valoir beaucoup. Les interprétations étaient tout de même forte, sauf pour Katie Holmes qui effectivement venait grandement gâché le portrait tant elle ne convenait pas à son rôle, surtout lorsqu’on réalise le fait que son personnage a une importance aussi grande. Elle doit jouer une femme forte, solide, « badass » et pourtant, elle a l’air d’une jeune fillette de 11 ans qui laisse prétendre qu’elle peut se défendre. La musique en elle-même, bien que fort puissamment composée, était beaucoup trop accessoire pour vraiment donner une importance significative.

Et bien, toutes ces erreurs sont ainsi disparues dans le deuxième volet, tout est amélioré, tout est pour ainsi dire, parfait.

Le film reprend où l’autre nous a laissé et alors que la porte ouverte était très prometteuse, ce n’était pas de fausses joies, mais bel et bien une promesse de quelque chose d’extraordinaire. L’histoire met encore l’emphase sur la criminalité à Gotham qui a pourtant vécu une rechute, surtout la nuit, alors que le Batman veille sur sa ville, mais le tout est sur le point de changer lorsqu’un psychopathe surnommé le Joker décidera d’offrir une meilleure classe de criminels à la ville.

L’introduction, diablement efficace, nous projette dans le feu de l’action et annonce dès lors qu’on ne s’ennuiera pas, puisque bien que ce soit dur à croire, effectivement les 2h32 du films passent comme dans du vent, encore plus que le premier film, on ne voit pas le temps passé, on savoure chaque instant et pour ma part et avec discussions avec d’autres collègues, une fois le générique commencé, une frustration immense nous parcourt. Pourquoi? Parce que c’est fini et que nous aurions été prêts pour quelques heures de plus. Oui, le film laisse sur sa fin par sa qualité exceptionnelle.

Comme je le disais, tout est amélioré, l’histoire a beaucoup moins de matériel à situé (quoique Harvey Dent est l’ajout le plus majeur de cette histoire et son introduction est légèrement bâclé, il aurait du également être introduit à la fin de Batman Begins pour offre une fluidité encore plus grande) et la qualité scénaristique, qui touche un nombre incroyable de sujet, étonne par sa versatilité, mais aussi par la façon dont elle coule sans jamais s’arrêter, mieux, elle s’intensifie, sans jamais arrêter sa course. La réalisation, aussi, est énormément mieux assumé, comme si Christopher Nolan s’offrait entièrement à son film, sachant que la série lui a été confié avec tonnerre d’applaudissements, puisque chaque plan, chaque scènes est réglée au quart de tour, s’offrant à nous et révélant toujours de nouveau détails intéressants, le montage est diablement efficace et contrairement au rythme endiablé de la méga production. Comme la qualité a été laissée à l’histoire, les effets spéciaux ne deviennent plus qu’accessoire et non pas la raison principale du film comme mise souvent beaucoup trop les blockbusters d’été, pourtant, les scènes d’actions ne manquent pas et malgré tout, on n’hésite pas à en mettre plein la vue. La trame musicale vient aussi prendre un nouveau tournant, ne faisant plus figure d’accessoire, elle obtient le rôle qu’elle mérite, pas nécessairement dans les pièces en tant que tel puisque la composition (par le duo fort-efficace Hans Zimmer et James Newton Howard) est fort semblable à celle du premier film, mais le fait que chaque décision musicale est très distincte et contribue à l’atmosphère de l’œuvre, tantôt tragique, tantôt tendue, tantôt en action, tantôt en repos, tantôt sombre, tantôt dramatique, etc. Je ne saurais non plus ignoré le thème du joker, une des plus belles compositions, ne jouant que sur une simple note languissante, longue et interminable qui par ce simple son, crée la terreur avant même que le personnage est fait son apparition, brillant.

Maintenant, on ne peut passer à côté des interprétations, puisque comme son prédécesseur, la distribution de qualité se vaut d’elle-même. Toujours de bonne qualité, Morgan Freeman et Michael Caine, forme des personnages de soutien, fort bien construit et interprétés, amenant en partie la détente qu’on a besoin venant de ce genre de personnage secondaire. Aaron Eckhart offre aussi une performance juste qui répond parfaitement aux attentes, peu importe ce qu’elle peuvent être, mais ne les surpasse jamais. Maggie Gyllenhaal reprend le faible flambeau laissé par Katie Holmes offrant enfin au personnage de Rachel toute l’énergie qu’elle a besoin pour se faire valoir, malheureusement, la place du personnage en arrache beaucoup et en perd énormément en importance ce qui est plutôt dommage. Gary Oldman obtient aussi un rôle beaucoup plus prestigieux en tant que plus grand allié de Batman et pour les fans de la télé série Lost, une surprise les attendent puisque Nestor Carbonell, qui y a un rôle plutôt distinct et un visage difficilement oubliable y a un rôle, celui du maire de la ville. En fait la performance qui n’éclate pas, est celle de Christian Bale, pas nécessairement par son talent indéniable, surtout après ce qu’il a offert dans l’excellent 3:10 to Yuma, critiqué plus tôt, mais par son personnage, puisque, qu’on se le dise Bruce Wayne/Batman est un personnage plutôt terne, fade, qui manque cruellement de personnalité, de prestance d’un petit quelque chose qui ferait qu’il serait LA raison pour qu’on veuille voir le film. Oui, pour un super-héros il déçoit surtout après qu’on nous aie livré un Iron man, bon, pas exceptionnel, mais grandement soutenu par l’hallucinante performance de Robert Downey Jr. Offrant un super héros qui a autant de gueule dans son costume ou non.

Alors que vous parcourez cette critique depuis tantôt, vous devez sûrement attendre le moment où je parlerai du plus grand point de ce film. Beaucoup disent que la performance d’Heath Ledger, mort quelques mois plus tôt cette année, est surestimée et surtout agrandie face au drame qui entoure l’acteur, mais en fait, comme l’a dit une critique que j’ai lu sur rottentomatoes, le joker devrait être accusé du plus grand crime de l’histoire du cinéma, voler la vedette. On ne saurait pas dire mieux. Sa performance est complètement aveuglante, hallucinante et pas du tout comparable au joker cartoonesque que Jack Nicholson a su offrir dans la version de Burton. Il arrive à offrir un personnage complètement dérangé, psychopathe, maniaque, sadique et sans lois ni valeurs. Il n’interprète pas un personnage, il l’incarne de fond en comble, de sa personne jusqu’à ses tripes. Il s’offre corps et âme pour un personnage qui n’a aucune humanité. Sa psychologie est complexe, mais on a pas besoin d’avoir énormément d’explications, on en veut pas nécessairement. Chacune de ces apparitions fascinent et figent, bien qu’il effraie, on ne peut détacher le regard, imprégnant avec justesse la perfection de son interprétation, autant dans sa démarche que dans sa voix, dans ses gestes, dans ses paroles. Offrant plusieurs des meilleures répliques du film. Le joker se dit sans méthodes, sans plans, pourtant tout semble organisé au quart de tour et toujours plus tortionnaire et barbare à chaque fois. Encore plus fascinant dans ce méchant de service, contrairement à ceux qui n’ont comme bête but de vouloir éliminer, voir supprimer le super-héros, celui-ci n’a qu’un désir, s’amuser avec lui jusqu’à la fin des temps. Puisque tous les deux se complète à la perfection. Ledger livre un dernier rôle complet marquant et étonnant qui devient ici LA raison de voir le film.

Pourtant en y repensant bien, on réalise que le scénario n’est pas unique et qu’après tout, il est facile d’y retrouver des similitudes avec d’autres œuvres du 7e art. Plusieurs des dilemmes du Joker rappelle facilement ceux de Jigsaw de la série de films d’horreur Saw, alors que sa façon de semer le chaos dans la ville rappelle V for Vendetta, les diverses propositions d’associations face au chevalier noir ou au chevalier blanc ou la question du héros qui tombe à zéro, rappelle les questionnements de Spider-man face a l'inquiétant Green Goblin, et la scène à Hong Kong rappelle terriblement Mission: Impossible III. On ne pourrait tout de même pas blâmer ces ressemblances puisqu’elle contribue tous à l’immensité, la grandeur de l’histoire, comme s’il avait su brillamment emprunter les meilleures idées pour en faire un résultat encore meilleur.

Malgré tout, bien qu’il représente le divertissement idéal, le film n’atteint jamais le chef-d’œuvre, comme s’il y a toujours un quelque chose pour le garder hors de cette portée. Il n’a pas la conscience et l’esprit d’un certain V for Vendetta et est beaucoup trop subtile dans ses références, ne dénonce jamais complètement. Et comme dit plus tôt, après tout et avec grande déception, on se rappelle que ce n’est qu’un film de Batman.

Un mot également sur l’expérience IMAX qu’il est possible de voir. FORTEMENT CONSEILLÉ. Alors que six scènes ont été tournés dans ce format, on a droit à une revisite totale du film, comme si on le voyait pour la première fois. La différence est énorme. L’image est gigantesque offrant un réalisme multiplié de l’œuvre et nous plaçant mieux que jamais au cœur de l’action. En plus de l’image, s’ajoute le son, complètement intensifié. Ça vibre, ça résonne, rien n’a sonné comme ça auparavant. Une expérience tellement grandiose qu’elle donne l’impression d’entièrement redéfinir le cinéma.

Bref, le divertissement idéal, fortement conseillé, à voir absolument, mais pas le chef-d’œuvre trop souvent indiqué.

4½/5 jschartrand

NOLAN, Christopher. The Dark Knight. 152 min., son, couleurs, Etats-Unis, 2008.

samedi 19 juillet 2008

3:10 to Yuma : Un train à ne pas manquer, coûte que coûte.


Il y a quelques temps, j’étais tombé en amour avec le fabuleux The three burials of Melquiades Estrada de Tommy Lee Jones et puis, on ne peut pas dire que les western des dernières sont très décevants, il en ressort même un nombre impressionnant de petit bijou, comme si un réalisateur qui en fait un, recherche absolument à donner justice au genre, à l’améliorer, à lui rendre hommage de la plus belle façon. Pourtant, 3:10 to Yuma, me disait peu de choses et je n’ai pas vu la version originale, c’est donc à reculons que je l’ai écouté, mais quelle surprise cela fut! Frasque d’un western moderne, tout en restant classique, formant un divertissement idéal et de grande qualité.

La surprise est inévitable en jettant un coup d’œil à la filmographie plutôt inusitée du réalisateur James Mangold, en fait on réalise que celui-ci tente tous les gens possibles. Que ce soit de la comédie romantique Kate And Leopold au suspense Identity ou à la superbe biographie Walk the line sur la vie de Johnny Cash, Mangold s’illustre comme étant très versatile, mais très talentueux puisque son essai dans le monde du western est une réussite sur tous les points.

L’histoire peut paraître simple, un homme sans histoire s’occupe de conduire un dangereux criminel au train de 3:10 pour Yuma pour obtenir 200$ qui lui permettront de rembourser ses dettes. Simple oui, mais cette simplicité est enrobée par une psychologie incroyable développée autour de chacun des personnages dont leur histoire est dévoilée morceaux par morceaux jusqu’à la scène finale.

Bien que le scénario soit superbement écrit, on doit beaucoup à l’ensemble des acteurs qui se veut d’une qualité étonnante que ce soit Christian Bale, idéal dans le protagoniste du bon côté froid, sans histoire, mais qui joue au héros ou encore Russell Crowe, méchant idéal, mais qui décelle une certaine part d’humanité ou le jeune Logan Lerman qui offre une prestation corsé d’un jeune garçon fonceur sans jamais tombé dans l’interprétation sur joué ou agaçante clichée, variation sur un thème, du petit garçon qui veut se battre. Le reste des acteurs réussissent aussi à camper à merveille tous les personnages qui cadrent parfaitement dans l’univers du film, mais un d'eux se démarque absolument, Ben Foster par sa performance ÉPOUSTOUFLANTE, qui, pour la première fois de sa carrière, a l’occasion de démontrer pleinement les capacités de son talent, livrant un vilain de service tout droit sortie d’un western spaghetti, offrant sa méchanceté de ses tripes, le dégageant par l’attitude, la démarche, le regard, bref il s’offre complètement pour un rôle enfin à sa mesure.

La direction dégage une forte assurance et beaucoup de classe, rien n’est laissé au hasard, le rythme est trépidant et les scènes se succèdent à la vitesse folle, entre les confrontations de personnages ou les fusillades typiques, l’action ne manque pas et les deux heures du film passent à grande vitesse, bien plus vite que ce train qui tarde à arriver et c’est tant mieux. Tout a le temps de se placer et de se laisser savourer jusqu’à sa toute fin.

La reconstitution est sublime et on est vite projeté dans cette époque où les lois et les règles manquent, par des décors et des costumes justement utilisé, mais ce qui se dégage aussi avec beaucoup de force, c’est la trame sonore, magistrale soit-elle, de Marco Baltrami qui plonge et campe l’univers de façon sensationnelle, offrant encore plus de classe et de style dans chacune des scènes et permettant de donner un nombre incalculable de moments clés, où les frissons nous parcourent et nous replongent carrément dans l’univers de Sergio Leone. D’ailleurs une des plus belles scènes, vers la fin, démontre un hommage direct à Ennio Morricone, tout en restant subtil.

Bref bénéficiant d’un rythme infernal, d’un scénario fortement écrit et inspiré, d’un casting brillant, d’une performance éclatante de Ben Foster, d’une trame musicale hallucinante, d’une cinématographie juste et de bien d’autres qualités, James Mangold offre ici un film puissant et prouve encore une fois que les westerns n’a pas dit son dernier mot.

4/5 jschartrand

MANGOLD, James. 3:10 to Yuma. 122 min., son, couleurs, Etats-Unis, 2007.

samedi 12 juillet 2008

Pleasantville : Lorsque la perfection n’est pas équivalente au bonheur.


Pleasantville est un film dont l’originalité est entièrement incontestable. Le film ne cesse de surprendre en prenant des sentiers inattendus à chaque tournant. Le film aurait pu s’en tenir à un contexte simple, mais son contenu est bien plus profond que ce que n’importe qui pourrait croire. Portrait d’une œuvre symboliquement magistrale.

Un frère et une sœur vivent une vie quelque peu désordonné où rien n’est parfait: leur mère a des problèmes personnels, David est considéré comme un nerd et n’en a que pour Pleasantville, sa série préférée dont il connaît tous les secrets, les répliques, les situations par cœur et Jennifer, commence à atteindre un statut social respectable auprès des filles et des garçons. Tout cet univers sera sens dessus-dessous lorsqu’un réparateur de télécommande plutôt particulier les enverra directement dans l’univers parfait et noir et blanc de Pleasantville. Seulement, leur venue risque de changer à jamais la vie des habitants de cette ville.

L’histoire ne se résume pas facilement, elle est complexe, établie et originalement profonde. Elle touche avec perfection un nombre assumée de thèmes tel l’adolescence, l’amour, les traditions, le changement, la ségrégation, le rejet, l’humiliation, le plaisir, le bonheur, la perfection, l’imperfection et bien plus.

Partant de ce poste qui ne rend hommage qu’à des émissions en noir et blanc, le film arrive à reprendre, dans sa première moitié, tous les tiques possibles des émissions de ce genre et sait aussi illustrer la perfection par des acteurs qui savent y mener toute la naïveté et la fausse joie imprégné par un jeu soigné.

L’apparition soudaine de la couleur au fur et à mesure que les différents personnages prendront compte d’éléments essentiels à la « vraie vie », ne sera qu’une touche magnifique laissant place à une métaphore dont le film saura maîtriser de bout en bout et de façon diablement réussie. Pas comme un certain Sin city, puisque l’utilisation de couleurs parmi le noir et blanc, n’en est pas pour le même motif, vraiment pas.

Mené par une distribution de première classe dont un Tobey Maguire, une Reese Witherspoon et un Paul Walker dans leurs débuts et des acteurs plus expérimentés, on y suivra avec plaisir leur évolution qui sera constamment changeante au fur à mesure que l’histoire avancera.

Bénéficiant d’une direction maîtrisée, d’une cinématographie intéressante et d’une direction artistique exemplaire, Pleasantville sait tirer avantage de tout ce qu’elle touche en offrant un film largement original et réfléchi qui, en plus de divertir pleinement, nous force à réfléchir au sens réel de la vie rêvée, de la perfection et de nos besoins dans la vie. En plus de subtilement faire le penchant avec le noir et blanc et la couleur.

Une grande œuvre qui, pourtant, semble avoir fait moins de bruit qu’elle aurait du et beaucoup plus réussie qu'un certain Truman show sortie la même année.

À voir absolument!

4½/5 jschartrand

ROSS, Gary. Pleasantville. 124 min., son, B&W et couleur, Etats-Unis, 1998.

samedi 14 juin 2008

Indiana Jones and the kingdom of the cristal skull : revenir sur le passé.


N’en ayant pas vu aucun, je me suis repris il y a quelques semaines, m’achetant le coffret de la trilogie afin d’être prêt à visionner ce quatrième volet de la série Indiana Jones. Bien sûr, ils datent de bien longtemps (c’est d’ailleurs l’étonnement la plus grande quand à l’annonce de ce film, faire une suite après 20 ans?), mais la formule en est une qui roule bien, qui traverse avec justesse les époques et qui se laissent savourer avec grand plaisir et bien plus qu’une majorité des films pop-corn qu’on ose nous sortir parfois. Mêlant humour, action, scènes haletantes, mystères, énigmes, romance et bien plus, on se laisse embarquer et on serre les mains durant les scènes ou aucun répit ne nous est laissé. Bon, les histoires sont relatives, pour ma part, ce n’est pas pour ça, que ces films furent pleinement (ou presque) divertissant, ce sont bien plus pour la qualité de la mise en scène de l’action, des dialogues et de l’humour, donc, menant à cette question: ce quatrième film est-il à la hauteur?

Oui et non, je vous livre mon pourquoi.

Avec ce quatrième volet, Indiana Jones and the kingdom of the crystal skull, on tente de faire de cette série ce qu’elle n’est pas. (Attention, certaines révélations de cette critique pourraient gâcher des surprises du films.) Premièrement, on détruit le moule de la série et on lui donne beaucoup de temps avant que le tout se place. Il y a un vingt minutes de trop et c’est certains. Serait-ce parce que Harrison Ford est trop vieux que nous avons limité les scènes d’actions? Oui, il y a quelques longueurs dans la première partie. Non, on a pas droit à une introduction remplie d’action et ce pendant un bon 15-20 minutes comme à chaque Indiana Jones et déjà en partant, cela frustre un peu. Beaucoup est attribuée à l’histoire, qui encore ici, ne vole pas nécessairement haut et même pire, vire un peu en n’importe quoi au fur et à mesure que ça avance.. Vous verrez pourquoi plus loin.

Les références et clins d’œil aux autres chapitres de la série, on ne peut y échapper et pour la plupart, cela fait sourire. Bien que le moule soit défait, on y garde la même réalisation, on y conserve un art visuel semblable aux autres films et à l’époque, ce qui rassure, amène une douce nostalgie et ne fait pas trop ressortir le film du lot, puisqu’on pouvait s’attendre au pire, s’ils avaient décider de profiter pleinement des ressources de notre époque, bien qu’ils le font un peu. On reprend le logo de Paramount incrusté dans la scène d’ouverture, on y glisse des petites images bien simple aux autres films et on situe enfin des réponses à des questions qu’on ne croyait jamais résolues. D’ailleurs, l’utilisation d’un vieux personnage demeure une des meilleures idées de ce film. Dommage que cela prenne autant de temps, avant que cette idée fasse son apparition.

On ne surjoue pas, on est juste, mais on y offre un peu trop de batailles à mains armées ou à arme à mains et pas assez d’action enlevante, un bref vingt minutes ou à peine. Cependant, une fois que l’histoire arrive à se situer, on tombe dans l’action et on retrouve avec joie tout ce qui fait le succès de la série, on y rit, heureusement, on sourit et on finit par apprécier jusqu’à… La conclusion disons.. Discutable.

Sans trop en dire, mentionnons que mélanger archéologie, Indy et extra-terrestre, ce n’est peut-être pas le combo le plus payant..

Du côté de la musique, John Williams est fidèle à lui-même, mais n’invente rien de nouveau, on a même presque l’impression qu’ils ont repris des morceaux des autres films et qu’ils les ont incorporés un peu partout dans le film. Il y a certes un abus de ce fameux thème musical qui à la fin, tape sur les nerfs.

Enfin, ce film n’est pas à la hauteur des précédents, vingt après, on tente de lier le tout et de donner du sens à ce qui n’en a pas besoin. On utilise de nouvelles bonnes idées, mais on offre trop de place à l’histoire, oubliant que le premier point est le divertissement. Toutefois, on n'enlèvera pas l’effort qu’il y a derrière et la réalisation de Spielberg, toujours aussi efficace. L’art visuel, par son ancienneté plait et les effets spéciaux ne sont pas là pour toujours en mettre plein la vue (quoique toute la scène de la jungle fait terriblement King Kong et que de sauter de lianes en lianes avec des singes soit un peu trop spider-man et beaucoup trop déplacé). Les acteurs sont tous à la bonne place, le retour de Karen Allen est un choix judicieux autant que Shia Labeouf qui vient avec joie succéder aux nombreux accompagnateur de notre héros, après les femmes, le père, voici la jeunesse, là pour s’assurer des scènes d’actions où le vieux professeur n’a plus toutes ses capacités et reprenant dignement le flambeau. Toutefois, on ne peut nier que plusieurs tics de jeu de Shia sont notables et se demandant ainsi si c’est un hasard si tous ses rôles semblent se ressembler. Harrison Ford n’est pas nécessairement trop vieux, mais a fait cette suite juste à temps. Et bien sûr, la brillante Cate Blanchett, interprétant son rôle de capitaliste avec justesse.

Donc, on reproche surtout la faiblesse de l’histoire, ce qui n’est pas nouveau, mais surtout le manque d’action et de scènes fortes et divertissantes en quantité industrielles, ce qui déçoit, surtout face à la longueur du film. Donc, ayant trouvé que le 2e film de la série était le moins bon, il avait certes beaucoup plus de scènes marquante que celui-ci.

Loin d’être le film qu’il n’aurait jamais fallu faire, on a encore la main pour ce genre de film et on l’a mieux que bien d’autres, mais avec vingt ans, on aurait pu s’attendre à mieux et aurait sûrement pu faire mieux. En espérant que la sauce a été épuisée et que la série ne perde pas toutes les qualités qui la composent.

3/5 Jschartrand

SPIELBERG, Steven. Indiana Jones and the kingdom of the crystal skull. 124 min., son, couleur, Etats-Unis, 2008.

dimanche 18 mai 2008

Julie Delpy : La profonde quête de l’amour.


Les films Before Sunrise, Before Sunset et 2 days in Paris ne sont pas si différent les uns des autres et ont tous un point commun : Julie Delpy. Comme ce sont des caractéristiques semblables qu’on relève de ces trois œuvres, j’en ferai donc une analyse en une seule critique.

Une question, est-il possible de baser tout un film sur les dialogues? Cela peut sembler banal ou ennuyeux et c’est vraiment ce que j’aurais cru ou tendance à croire, mais ces trois films arrivent à nous prouver le contraire. Peu d’action, la ville en arrière-fond qui influence les événements et tout déboule et évolue selon les dialogues écrit avec perfection.

Before Sunrise est l’histoire de deux jeunes adultes se rencontrant dans un train qui traverse l’Europe et qui décide de passer une journée à Viennes. Dans des décors d’une romance inavouée, de nombreux dialogues auront lieux où ils réaliseront qu’à travers leurs différences et leurs similitudes, un lien sous-estimé se tissera.

Before Sunset lui, illustre leur rencontre dix ans plus tard. Fait étonnant, c’est que le film est réellement réalisé dix ans plus tard et qu’il ramène les même acteurs au premier plan, mais aussi à l’écriture du script et ayant Paris comme ville de fond.

2 days in Paris est à détacher des deux premiers, mais Julie Delpy signe ici le scénario, la réalisation, le montage, la musique et le jeu de la protagoniste principale. Il serait dingue de ne pas voir les similitudes de ce film face aux deux premiers ou du moins d’en découvrir les sources et les inspirations. On y raconte plutôt le retour d’une française à Paris avec son compagnon de vie américain. Déboulera la confrontation d’un homme face à la famille de sa bien aimé, d’un américain face à la France et d’un compagnon de vie face au passé de celle qu’il croit connaître. Des tonnes d’observation inséré avec grâce et subtilité.

Donc, trois films, trois mondes semblables, mais qui évoluent de façon indépendante. Alors que le premier met plutôt l’emphase sur comment deux êtres arrivent à se connaître, mélangent leurs conversations et profitent du peu de temps qu’ils ont ensemble, le deuxième s’avère encore plus touchant et approfondie. Il ramène sans cesse à l’avant-plan les péripéties du premier film, illustrant à quel point une seule journée peut changer une vie et arrive à illustrer les gênes que deux personnes peuvent avoir face à une vie qu’ils veulent ou ne veulent pas vivre. Les discussions sont plus touchantes, plus profondes et plus merveilleuses, sans oublier qu’il se termine avec une fin encore plus abrupte que le premier volet. Pour sa part, le troisième film illustre plutôt une relation de deux partenaires semblant vivre une relation saine, mais qui devra passer à travers les épreuves du passé et où deux mentalités devront cohabités puisque l’une est française et l’autre américain. Beaucoup plus axé sur la comédie, la fin n’en est pas plus touchante et les réflexions sont plus personnelle et solitaire que les deux autres, n’ayant qu’un seul personnage en réelle narration.

Non-basé sur l’action, ces films pourraient être appelé des chroniques, des observations de tous les jours et sans contredit, les interprétations d’un réalisme malsain y sont pour quelque chose et la profondeur des dialogues aussi. La caméra a toujours un œil subjectif, nous plaçant comme spectateur des événements. Ils savent capter en un petit laps de temps le point majeur d’une vie. La façon dont une simple rencontre passe de la gêne à l’avoue, jusqu’au plus profondes révélations. Comment un sourire peut cacher une peine et une peine une joie. La façon dont deux êtres s’aiment, se détestent, se comprennent, se suivent et peuvent arrêter le temps, aussi vite peut-il aller.

Les deux premiers résultent en un tout essentiel, l’un ne peut vivre sans l’autre et l’autre ne peut vivre sans l’un. Tout comme on s’en rendra compte, l’un des protagonistes ne peut vivre sans l’autre.

Pour 2 days in paris, plaçant Julie Delpy comme profonde narratrice et penseuse, elle y joint une direction et un montage plus conventionnel où des images, des extraits et des retours en arrières n’hésitent jamais pour clairement illustrer une pensée ou un fait. Il y a aussi cette rivière de différence des deux amoureux qui sera magnifiquement illustré par des scènes aussi drôle que bien pensée où ce qu’on voit, n’est pas nécessairement ce qui se passe. Donc, une réalisation plus intime, plus vivante et plus intéressante.

On y retrouve alors une Julie Delpy qui évolue, mais qui est toujours en constante quête d’amour et qui l’illustre toujours en parole que ce soit directement ou en narration et en somme, on nous offre trois films où les mots n’auront jamais été aussi efficace.

Note : J’ai vu les 3 films en version originale et comme on y mélange à la fois l’anglais, le français et même d’autres langues, je conseille fortement de vivre l’expérience dans son format original pour profiter de toutes ses subtilités qui savent ajouter un charme essentiel.

4/5 Jschartrand

LINKLATER, Richard. Before Sunrise. 105 min., son, couleur, États-Unis/Autriche/Suisse, 1995.

LINKLATER, Richard. Before Sunset. 80 min., son, couleur, États-Unis, 2004.

DELPY, Julie. 2 days in Paris. 96 min., son, couleur, France/Allemagne, 2007.

samedi 10 mai 2008

Idlewild : Quand les chanteurs jouent aux acteurs.


Depuis bien des années, on entend beaucoup parler des chanteurs qui deviennent comédiens et des comédiens qui deviennent chanteurs. Idlewild, le film que je critique ici illustre la première catégorie.

Ce qui est intéressant avec l’arrivée au cinéma du duo musical Outkast (enfin, en tant qu’Outkast puisque André Benjamin n’en est pas à son premier rôle) c’est qu’ils nous livrent une comédie musicale offrant leurs chansons en image. En découle un film surprenant.

Non, rien de révolutionnaire ou d’hallucinant, le contenu est plutôt faible, mais le contenant décoiffe et nous force à porter attention, à s’intéresser et à se laisser charmer. En gros, la réalisation se laisse savourer comme un précieux bijou.

Film indépendant produit par HBO racontant l’histoire de deux amis d’enfance pourtant différents, mais partageant une même passion: la musique. En découle le récit de leur vie personnelle, sentimentale, amoureuse, de la musique qui les lient et des débauches de minuit qui ont lieux à Idlewild, ghetto noir en quelque sorte.

L’histoire a tout d’un film de série B avec ses personnages caricaturaux, ses clichés abondants, le gentil et le méchant très méchant, les petites scènes d’amour, de drame, de romance, d’action western tout en y conservant plusieurs scènes musicales se mêlant entre Chicago et moulin rouge!. Bref, un mélange de genre qui comme je l’ai dit plus tôt, se fait sauver par sa réalisation et sa musique.

Plusieurs trouvailles sont très intéressantes dans l’animation des objets, dans les prises de vue et dans les différents ralentis ou dans les mises en scènes parfaitement orchestré : danse acrobatique stylisé, mur orné de centaine d’horloges, scène romantique sous la pluie et bien d’autres, font partie des moments agréables, voir entièrement réécoutable de ce film qui se laisse bercer par une trame sonore très bien balancé. À preuve, celle-ci a été soigné, on y a sélectionné des chansons précises du répertoire de Outkast, rarement les plus connus et on en a remixée plusieurs pour les marier avec perfection à l’ambiance désiré. Une trame sonore essentiel à la qualité pourtant présente de ce film indépendant.

On y joue, on y sur joue, mais on ne se prend pas nécessairement au sérieux, on s’amuse et on ne s’attend pas à être nommé ou même mentionné aux oscars ou à une soirée prestigieuse du genre et c’est en gros comment ce film s’en sort et parvient à ne pas se faire bêtement oublié, voir même, en parvenant à nous hanter.

Certes, oui, des chanteurs qui se prennent pour des acteurs, mais il y a ici une différence, c’est qu’en créant cette trouvaille du cinéma indépendant, c’est qu’il n’ont pas oublié ce qui les a rendu célèbre : leur musique.

3½/5 Jschartrand

BARBER, Bryan. Idlewild. 121 min., son, couleur, Etats-Unis, 2006.

dimanche 30 mars 2008

V For Vendetta : Pouvoir au peuple, car souvent il oublie à quel point son impuissance le force à régresser.


Les adaptations cinématographiques sont tabous. Que ce soit de films, de séries télés, de comédie musicale, de livres, de jeux vidéos ou de bande dessinées, comme dans le cas présent, à chaque fois, on ne sait jamais vraiment, à quoi s’attendre. Pire, rarement on sait que ce qu’on est en train de regarder, provient d’une autre source que le génie du scénariste ou du réalisateur, si cet adjectif lui convient. Beaucoup d’adaptations ont tendances à décevoir, puisqu’ils ne réussissent pas à transposer de façon parfaite l’œuvre de départ, pourtant dans mes critiques antérieures, on a pu voir que No country for old men et Sweeney Todd, sont des exemples contraires, par contre, sont-ils de bonnes adaptations ? On ne peut que se fier à ce que d’autres critiques en disent, puisque pour ma part, je n’ai jamais lu ou vu les originaux.

V for vendetta est un film que j’ai été voir au cinéma il y a très longtemps, je savais à peine de quoi il s’agissait, j’en avais à peine entendu parler et c’est à peine si je savais que les créateurs de la matrice et Nathalie Portman y était impliqués. Cependant, la fascination face à cette pièce d’art, s’est vite transformé en obsession, en admiration. Oui, ce film est sans contredit près du sommet de ma liste. Je me suis vite mit à faire des rechercher sur son historique, sur sa fabrication et sur la bd originale publiée durant les années 80. Je ne l’ai pas lu en totalité, mais j’ai pu mettre la main sur un dvd édition spéciale en contenant un extrait. Pour les quelques pages feuilletés, la transition donne des frissons, on reconnaît l’ambiance, les personnages, le ton, un peu de tout en fait. Ce qui fascine encore plus, c’est qu’originalement l’histoire était planifié pour un futur des années 90 et pour le film, on a transposé le tout pour un avenir proche, après l’an 2006, année de sortie du film de James Mcteigue, protégé des frères Wachowski, créateurs de la matrice. Malgré cette transposition, on a réussi à y contenir tout le message que l’œuvre originale tentait de faire passer. Découvrons maintenant en quoi le film se veut inoubliable et du même coup, fantastique.

S’il a la force de s’élever au dessus de tout autre film d’action, c’est qu’il réussit à toucher à plusieurs catégories, non seulement il sait captiver l’attention par son rythme effréné et ses scènes d’action chorégraphiées avec style, il sait également toucher des sujets tabous portant ainsi à réfléchir et à pousser son histoire à un niveau intellectuel supérieur pour qui veut bien s’y pencher et en même temps, il sait venir nous toucher par des découvertes cinématographique qui viennent fasciner.

Le film parle de révolution et d’un peuple qui croule sous le communisme, un peuple entièrement contrôlé et rongé sous les mensonges de son dirigeant et des marionnettes à ses pieds. Un peu comme Children of Men de Alfonso Caron (un autre chef d’œuvre futuriste à la vision quelque peu déprimante du futur), le film tend à l’impossible tout en essayant de nous prouver qu’il y a encore espoir à travers un protagoniste principal qui voit sa vie sans histoire changé par la rencontre d’un personnage qui en a long à dire. Oui, Evey, jeune femme sans histoire se voit impliquée dans un acte terroriste après s’être fait sauvé la vie par un justicier masqué nommé V qui peu à peu livrera à notre protagoniste et à l’Angleterre entière ses plans de révolutions. Le tout plongé sous fond historique impliquant le criminel Guy Fawkes.

Bien sûr, il y en aurait long à dire sur ce film, tellement l’histoire, par une narration étendue de façon maîtresse, sait toucher avec brio à différent sujets et à différents niveaux d’horreurs, souvent cachés au peuple. Le tout sait se supporter par une distribution éclatante, la transformation psychologique du personnage de Evey, n’aurait pas la même valeur sans son interprète Nathalie Portman qui s’est d’ailleurs très impliqué pour son rôle, on avait beaucoup parlé du fait qu’elle avait accepté de se raser la tête pour les besoins du film. Cependant, tous les autres acteurs sont sublimes et même Hugo Weaving, dont on ne verra jamais le visage, réussit à offrir à V, une personnalité touchante qui nous permet de croire à sa quête et qui créera des relations étonnantes avec différents personnages qu’on prendra plaisir ou horreur à découvrir toute la vérité lié à leur implication dans l’histoire.

Par une cinématographie futuriste, tout de même comparable à notre vie de tous les jours, de quoi faire grincer des dents par moment et sachant jouer avec les couleurs pour séparer le passé du présent, le réalisateur arrive à situé de façon très habile toute l’histoire et même la musique finit par tenir un rôle important, après l’écoute du film, tenter d’oublier le 5 novembre et l’ouverture 1812 de Tchaikovski. On reconnaît également la touche matrice des scénariste par la façon dont quelques prises de vue ou quelques ralentis savent savamment s’incruster dans certaines scènes rajoutant force, puissance ou intensité à des moments choisis.

À coup sûr, V For Vendetta est tout sauf un film bête ou une adaptation ratée, c’est non seulement un film brillant, intelligent et surtout inoubliable. Une œuvre aussi puissante pousse ses réflexions dans le plus creux de nos esprits et lentement les images sauront nous marquer et nous pousseront à vouloir revoir encore et encore un film aussi merveilleux.

« Remember, remember the 5th of november.. »

5/5 Jschartrand

MCTEIGE, James. V For Vendetta. 132 min, son, couleur, United-Kingdom/États-Unis/Allemagne, 2005.

samedi 15 mars 2008

No Country For Old Men : Une chasse à l’homme déroutante


Le lauréat 2008 de l’oscar du Meilleur film, en est un qui m’intrigue depuis longtemps. En premier lieu, par ces critiques élogieuses qui ont sus piquer ma curiosité afin de m’amener à vouloir découvrir pourquoi ce film fut tant admiré.

Le premier détail qui a attiré mon attention quant au questionnement : « ce film m’est-il réellement adressé ?», fut lorsque j’ai appris que ce dernier n’avait aucune trame sonore et qu’il se déroulait dans un rythme plutôt lent. Dieu sait à quel point j’ai un appétit plutôt féroce concernant les bandes sonores de film et que les films à déroulement basé sur la lenteur, ne m’attire généralement pas, mais comment peut-on réellement déterminé si une œuvre est lente ou rapide ? Il me faudra le découvrir par moi-même et puis, n’ais-je pas apprécié de manière convaincante un film sans trame sonore il n’y a pas si longtemps de cela ? Oui et je parle ici de Cloverfield.

Alors, qu’ais-je pensé de No Country For Old Men ? Artistiquement, ce film est sublime. N’étant pas un fan des frères Cohen, pour ce que j’en ai vu (j’ai trouvé que de très bons éléments ce cachaient derrière Fargo, mais que celui-ci avait funestement mal vieilli) et à défaut d’être cette fois-ci à jour, j’ai la chance de voir le plus récent de leurs films avant que celui-ci ne vive le même sort que l’autre, si jamais cela arrive, ce que j’en doute puisque c’est ce qui est merveilleux avec leur dernière œuvre, on y retrouve que de bons éléments qui, du point de vue artistique, se veulent formidables.

Puisque, qu’on se le dise, ce film n’est pas fait pour tout le monde, il faut vouloir se lancer dans cette chasse à l’homme d’une violence et d’une monotonie sans valeurs et sans morale. Car dans ce film adapté du roman de Cormac McCarthy, où un homme trouve pas pur hasard le magot d’un échange de drogues qui a mal tourné et qui décide de le garder, n’est pas au bout de ses peines lorsqu’un tueur en série psychopathe se met à ses trousses.

Une tension parsemé d’une grande terreur nous envahi du début à la fin, alors qu’on s’enfonce dans la monotonie des personnages qui peuplent l’univers que les frères Cohen ont sus adoptés. Utilisant des acteurs pertinemment crédible et hallucinant (Javier Bardem, lauréat 2008 de l’oscar du meilleur acteur livre une performance qui fait froid dans le dos) et une réalisation habile jouant sur les différents plans offrant une vision propre aux spectateurs, mais souvent propre aux protagonistes, sans trop en donner plus et cet ensemble abandonné de toute trame sonore, nous rapproche de la réalité, un peu comme Cloverfield se l’est permis. Oui, il y a du sang et une certaine violence plus ou moins contrôlé, mais il n’y a pas à dire, ce western moderne se veut une œuvre fabuleuse où on ne peut absolument pas nier le talent de ces créateurs.

Un film brillant où rien ne se déroule comme prévu, où la trame narratrice surprend par son manque de convenance, où le début n’en est pas un et la fin encore moins, mais si on s’offre à ce chef d’œuvre, on est certain de passer un moment effroyablement efficace.

4/5 Jschartrand

COHEN, Ethan & Joel. No Country For Old Men. 122 min, son, couleur, Etats-Unis, 2007.

dimanche 10 février 2008

Cashback : Suspendre le temps pour y admirer la beauté d’un monde où la poésie n’est pas un art, mais une forme de vie.


Cashback n’est sûrement pas un chef d’œuvre, un classique ou un film qui marquera le temps, pourtant, il m’a transporté dans un univers incroyable et du côté artistique, ce film est d’une beauté inoubliable. En fait, ce film en est un de ceux qui me rend un peu jaloux, jaloux de ne pas l’avoir réalisé. Je suis littéralement tombé en amour avec sa cinématographie, son originalité, son inventivité, sa beauté poétique, sa profondeur textuelle, ses diverses pensées, ses exercices de style incorporés et sa finesse liée à sa trame sonore.

L’histoire, comme je le disais, vient dénicher quelques découvertes bien pensées : complètement détruit à la suite d’une rupture, le jeune Ben Willis n’arrive plus à dormir et afin de remplir son temps, se trouve un emploi du soir dans un supermarché. Lentement, il y trouvera plusieurs bonheurs de vie en compagnie de ses nouveaux amis et le tout deviendra encore plus magnifique lorsqu’il découvrira qu’il a le pouvoir d’arrêter le temps….

Le tout aurait pu être simple ou au contraire, beaucoup trop compliqué, mais ce film n’amène pas de grande complexité, mais plutôt une trame narratrice inventive et une chronologie entre-coupée de petites histoires parallèles qui viennent ajouter à l’intérêt et au rythme de l’histoire, sans compter que toutes ces petites attentions dans le scénario finissent toujours par mener à bon résultat.

L’interprétation, par des acteurs méconnus est entièrement juste et ils arrivent tous à donner vie à ces personnages uniques et quelque peu particuliers, y a pas à dire, on s’y attache.

Cependant, comme je le disais, où ce film gagne le plus, c’est dans sa réalisation, dans son art. Chaque scène cherche à amener une innovation ou du moins à accrocher par ses plans, par son montage, par la façon que sa trame sonore convient parfaitement avec ce que l’image tente de démontrer ou encore par la poésie que la trame narratrice vient ajouter. Par exemple, les scènes où le temps s’arrête aura pu être cliché, long, solitaire ou tout ce que ce film a évité, elles sont justes, simples, belles et charment par justement, cette petite simplicité qui rappelle que ce film est indépendant.

Ce film est un ramassis de petits touts qui ensemble, créent un résultat incroyable.

Loin d’être un grand film, pour sa simple beauté artistique, il vaut tout de même énormément la peine.

Fait intéressant : il est une version longue d’un court-métrage nominé aux oscars et à ce qu’on peut lire dans le trivia de IMDB, le court-métrage original est incorporé dans cette version.

4/5 Jschartrand

ELLIS, Sean. Cashback. 100 min, son, couleur, United-Kingdom, 2006.

vendredi 1 février 2008

Shakespeare In Love : Quand la fiction côtoie la réalité, ou.. Est-ce le contraire ?


Lauréat de 7 oscars en 1999, Shakespeare in love a principalement été controversé pour cette raison. Méritait-il autant d’honneur et de distinction venant d’une cérémonie aussi prestigieuse ? À mon avis, oui. Ce chef d’œuvre romantique d’époque a la brillance de se vouloir romantique et dramatique et de ne pas voler dans toutes les inutilités qu’on aurait tendance à insérer dans un film du genre, on n’y parle que de vérité, une vérité si belle et si réaliste que dans ses plus grands moments de fiction, on y croit, on s’y voit touché et c’est principalement, pourquoi ce film marche.

Mené par une distribution exemplaire, chaque acteur et actrice arrive à porter sur leur épaule le rôle qui leur a été admis afin d’offrir justesse et perfection autant dans le jeu que dans la beauté des textes, que ce soit ceux de Shakespeare lui-même ou des scénaristes. De toute façon au point où on en est….

Oui, parce que l’histoire se veut une biographie fictive d’un jeune Shakespeare en panne d’inspiration qui doit absolument pondre une nouvelle pièce, sous les menaces et les pressions. Seulement, de son côté, Viola est promise à un Lord qu’elle ne désire pas alors que son plus grand rêve lui est impossible : faire du théâtre n’est pas encore admis dans les conventions de l’époque. Malgré elle, se faisant passer pour un homme, elle poussera les limites de son ambition et saura partager cette évasion à multiple avantages et ce… Malgré toutes conséquences impliquées..

Oubliez toute direction compliqué, superflue ou originale. Non, la simplicité est de mise du début à la fin, tant dans la justesse des costumes et décors, que dans la musique qui se veut cliché, normale, qualifiée et qui sait très bien s’incorporer dans le film, mais qui ne trônerait peut-être pas dans ma bibliothèque musicale, moi grand amateur de trame sonore.

Non, si le film marche, marque et se veut inoubliable, c’est par son scénario d’une originalité débordante. Les personnages sont vif, mais les références à Shakespeare sont tous insérées de façon subtiles et justifiées. Que ce soit de « la nuit des rois » à « Roméo et Juliette », on sait tout incorporer et tout lié dans un chassé-croisé de péripéties amoureuses qui ont toute la force et la puissance de faire rire (sans jamais tomber dans le cabotinage anodin), d’émouvoir (sans se vouloir trop mielleux), de toucher (sans traumatiser) et d’émerveiller par sa beauté et sa fraîcheur.

Où est la vérité et où est la fiction ? À vrai dire, on ne saurait le mentionner et après tout, on s’en fout puisque nous ne sommes pas là pour un cours d’histoire, mais bien pour un divertissement d’une qualité loin d’être surestimé et qui vaut tout ce qu’on a pu lui accorder de positif.

Une comédie romantique brillante et touchante pour passer une soirée remarquable, se changer les idées et voir Shakespeare d’un autre œil, d’un œil jeune et taquin.

À la simple réflexion liée à la scène finale, on ne peut que rêver à l’unique idée d’avoir pu démasquer la vérité…

5/5 jschartrand

MADDEN, John. Shakespeare in love. 123 min, son, couleur, Etats-Unis/United Kingdom, 1998.

samedi 26 janvier 2008

Sweeney Todd : Jamais vengeance n’aura été aussi belle


Avant de dire quoi que ce soit, il est de mon devoir de dire que ce film est un drame musical, qu’il est l’adaptation de la pièce jouée sur Broadway et que les dialogues sont pour la plupart chantés, puisque c’est ce qui semble être le détail qui dérange. En effet, lors du visionnement auquel j’ai assisté, beaucoup de gens se sont plains ou ont tout simplement quittés la salle, ennuyés des chansons qu’ils qualifiaient sûrement de lassantes et interminables.

L’avertissement donné, je vous livre mon propre jugement du lauréat des Golden Globe 2008 du meilleur musical.

La vengeance est un sujet qui a la cote, on a qu’à penser à Kill Bill, Oldboy, V For Vendetta et bien d’autres… Et comme on le dit souvent, c’est un plat qui se mange froid et Sweeney Todd ne fait pas exception à la règle.

Jaloux de la vie de Benjamin Barker, le juge Turpin emprisonne injustement ce dernier et après 15 ans à préparer sa vengeance, il s’échappe et revient en ville sous le pseudonyme « Sweeney Todd » et en fait, complètement rongé par la haine, son âme est à jamais corrompue et rongée par l’unique désir de se venger de tous ceux qui ont ruinés sa vie ou se mettront au travers de son chemin et tout deviendra encore plus macabre lorsque Mrs. Lovett, aidera ce dernier, l’ayant toujours secrètement aimé.

À quoi doit-on s’attendre ? Oui, Tim Burton (Charlie and the chocolate factory, The nightmare before christmas, Corpse bride) est égal à lui-même autant dans le traitement de l’histoire que dans l’entité complète du film, son style est reconnaissable du début à la fin (déjà à partir du générique, on peut s’attendre à un Edward Scissorhands plus maléfique et sombre) et tous les acteurs jouent leur rôle à la perfection, que ce soit de Depp, plus glacial que jamais (performance qui lui a enfin value le Golden Globe du meilleur acteur dans une comédie ou un musical) à Helena Bonham Carter, rafraîchissante, juste, amusante et coquine à souhait dans toutes les machinations de notre diabolique barbier, tout en conservant ce petit côté inquiétant et terrifiant, jusqu’à Rickman (le désormais célèbre, Rogue de la série Harry Potter) aussi sec et dur qu’on l’imagine, mais en conservant un jeu assez humain pour le croire lorsqu’il nous chante ses pensées, mais sûrement une des performances les plus remarquable demeure l’excellente prestation de Sacha Baron Cohen (le célèbre Borat) qui offre un barbier rival dont on se souviendra longtemps.

Du côté technique, on a droit au film le plus beau, le plus sublime, visuellement que Burton a su offrir jusqu’à maintenant. Le traitement de l’image, dans ses détails les plus fin est d’une beauté inexplicable. Jouant avec perfection dans les tons sombres, il sait y faire ressortir un sang d’une rougeur éclatante qui, au contraire du dégoût, nous éblouit par la beauté poétique qu’il réussit à faire dégager. Il serait également inconcevable de ne pas mentionner ces rares moments où Burton sait apporter une clarté inimaginable, une lumière mémorable sur cet univers peuplé de noirceur. Non, la cinématographie est d’une beauté à faire tomber, à faire pleurer, à jeter par terre.

Si les acteurs se veulent juste, la cinématographie exceptionnelle, la réalisation de Burton excellente et les plans de caméra intéressants, où peuvent bien se cacher les failles de ce film ? Je dirais du côté du scénario.

Comme je n’ai jamais eu la chance de voir la pièce originale, je ne peux porter de jugement sur l’adaptation en tant que tel, mais je suppose que le tout a été transposé de façon assez exacte puisque ce qui nous parvient en résulte une histoire plutôt prévisible du début à la fin, tout de même bien appréciable, avec certains personnages secondaire qui dérangent et agace de façon démentielle, du début à la fin, ou pour être exacte, à chacune de leurs apparitions. Non, du côté de l’histoire, on ne réinvente rien, mais tout est bien balancé pour ne jamais sombrer dans une horreur insupportable ou une absurdité risible pour les mauvaises raisons. Les acteurs chantent les très bonnes chansons de façon juste, sans toutefois se proclamer chanteur et en fait, malgré certaines lenteurs, on passe un temps merveilleux à baver devant un tel festin visuel, sans trop voir le temps passé.

Jouissant d’une cinématographie, qu’on ne louangera jamais assez et d’une distribution exemplaire, Burton nous livre un film hallucinant qui vaut certainement le détour, comme tous ceux faisant partie de sa filmographie. Un chef d’œuvre ? Pas tout à fait, mais jamais, jusqu’à aujourd’hui, vengeance n’aura été aussi belle.

P.s. Veuillez prendre note qu’en version français, les chansons ne sont pas doublées, mais sous-titrés, à notre plus grand bonheur.

4/5 Jschartrand

BURTON, Tim. Sweeney Todd : the demon barber of Fleet Street. 117 min, son, couleur, Etats-Unis/United Kingdom, 2007.

vendredi 25 janvier 2008

Cloverfield : Roar! Un film dont vous êtes le héros.


Sûrement avez-vous entendu parler de Cloverfield, ce film qui fait jaser depuis l’été 2007 et qui est longtemps resté sans titre. En effet, tout a débuté par une bande-annonce qui fut présentée juste avant Transformers: des acteurs méconnus, aucunes informations, une fête banale interrompue par « quelque chose » de mystérieux, aucun titre, pour seule information : une date (1-18-08) et une mention : du producteur J.J. Abrams (Lost, Alias, M:i III, le prochain Star Trek). C’est à ce moment que la curiosité du public a donné naissance à toute la campagne de Marketing auquel le film a eu droit.

En effet, profitant de l'intérêt et de l'avidité constante du public, J.J. Abrams et son équipe ont offert des réponses au compte-gouttes dans ce qui pourrait se comparer à The Lost Experience qui a eu lieu en 2006 sur le net en parallèle avec la télé série Lost et qui devait donner de nouvelles informations à tous ceux qui voudraient bien se prêter au jeu.

Sites après sites on en apprenait sur ce film qui finirait par s’appeler Cloverfield et dont le synopsis se résumerait par à peu près ceci : Ayant eu une promotion au Japon, Rob a droit à un party d’adieu, cependant, celui-ci est interrompu par l’attaque d’un monstre géant à New York, le film sera tout ce que leur caméra aura pu filmer dans leurs efforts de survie face à cet événement horrifiant.

Ainsi, vers la fin du mois de janvier 2008, toutes nos réponses étaient enfin répondues… Ou presque.

Comme je l’ai remarqué dernièrement, on aime bien mieux nous offrir des expériences/exercices de style que des films, ce qui pour moi est une excellente chose, (pensons à Grindhouse de Tarantino et Rodriguez) et Cloverfield est une autre de ces expériences inoubliables et incroyable. En effet, ce film est une immersion complète du point de vue des survivants et ce à l’aide de ce que leur caméra a bien réussi à capter, nous donnant aussitôt l’impression et du même coup la sensation d’être nous aussi un des survivants.

Bien que le réalisme ait ses limites dans un film de monstre, en offrant des acteurs méconnus du début à la fin, celui-ci est grandement conservé et nous mène à croire avec justesse à cette histoire rocambolesque qui nous donne une bonne idée de comment cette situation pourrait être vécue si elle avait lieue. Pas de psychologie compliqué, de simples réactions humaines qui réussissent avec subtilité à porter un certain jugement sur les failles de notre société.

Oui, les mouvement (presque) incessants de la caméra peuvent donner des maux de cœur à certains, mais c’était là tout l’idée de l’expérience qui est à mon avis complète. Oui, le manque de réponses peuvent en choquer d’autres puisque nous ne savons et voyons que ce que nos protagonistes principaux vivent. Sauf que ces réponses sont facilement trouvable en visitant les nombreux sites/forums liés ou non à toute cette grande expérience qui après tout ne servait pas qu’à faire du marketing.

Du côté de la musique, pour ajouter encore et toujours au « réalisme » il n’y en a pas durant le film (franchement, on ne réalise même pas tant on est captivé par tout le reste), sauf durant le party qui offre des choix musicaux, pour la plupart, inusités. Sauf que pour les intéressé, durant le générique, Michael Giacchino (fidèle collaborateur de J.J. Abrams) nous offre son dernier chef d’œuvre : Roar! (Cloverfield Overture), un pièce musicale complètement hallucinante.

Donc ? Cloverfield vaut-il la peine ? Si on se prête corps et âme dans cette expérience merveilleuse, oui! Ce film offre une intensité, un réalisme et un concept absolument merveilleux et tout comme dans Lost, il y a un soucis du détail complètement incroyable qui ne cesse de révéler d’autres secrets.

En conclusion, je vous conseille grandement d’aller voir cette première grande expérience de 2008 qui sait délivrer toute la marchandise qu’on attend et qui s’avère encore plus intéressant lors de la 2e écoute, alors que toute la surprise est passée et qu’il nous reste plus qu’à savourer cette œuvre qui a tout d’un excellent divertissant et non d’un film à grands prix. N’oublions pas que les bonnes critiques pleuvent de partout, des 5/5, des 4/5 et des 4½/5 et que cette expérience n’est qu’encore mieux complété sur grands écrans et avec les hauts-parleurs qui savent accorder avec perfection tout l’effort derrière la justesse du bruitage. Je vous laisse donc sur une phrase que j’ai lu dans une critique que je trouve excellente : And, ultimately, that's the reason why Cloverfield works - because this film takes you into the heart of the maelstrom and leaves you there.

4/5 Jschartrand

REEVES, Matt. Cloverfield. 85 min, son, couleur, Etats-Unis, 2008.

Petite Présentation

Bonjour et bienvenue sur mon blog de critiques où je m’identifierai sous le nom d’utilisateur Jschartrand.

Je suis un adolescent terminant ses études secondaires qui vous présente ici ses critiques personnelles face à divers œuvres que je crois bon de conseiller ou de proscrire.

Bien sûr, ma crédibilité en tant que critique en a encore beaucoup à prouver, mais conservant le 7e art dans une de mes plus grandes passions, je critiquerai de manière méthodique, ou du moins en essayant de l’être, et en me basant sur divers sites qui savent, semaines après semaines nous livres leurs propres réflexions et selon mes propres connaissances personnelles face à cet art qui sait, instant après instant, m’impressionner et me satisfaire.

Bien que ce blog soit surtout destiné à des gens proches, amis et/ou famille, je suis tout à fait ouvert à l’idée qu’en exposant ces critiques sur le net, il y a des possibilités que d’autres personnes puissent venir les lire et si, par la suite, mes choix pouvaient les guider, alors cela me ferait un grand, un énorme plaisir.

C’est donc sans plus tarder que je vous laisse découvrir le 7e art de mon propre regard et de mon propre avis.

Jschartrand